Aux prises avec des dépassements de coûts dans le cadre d'un projet de mine et d'usine de transformation, Nemaska Lithium, dont Québec est le principal actionnaire, se retrouve impliquée dans un litige commercial.

JULIEN ARSENAULT LA PRESSE CANADIENNE

Irritée par la décision de l'entreprise québécoise de mettre fin à un contrat d'approvisionnement de carbonate de lithium qui devait débuter en avril, Livent Corporation a décidé de relancer le processus d'arbitrage.

Les investisseurs ont réagi négativement à cette nouvelle, mardi. À la Bourse de Toronto, le titre de Nemaska a reculé de 1 cent, ou 3,1 %, pour clôturer à 31 cents.

L'entreprise proposait de remettre à son client un paiement de 10 millions US reçu en avril 2017 ainsi qu'un « montant similaire » en guise de « frais de terminaison ».

« Malgré des négociations conduites de bonne foi, la société n'a pu en arriver à un résultat mutuellement satisfaisant, a fait valoir Nemaska, dans un communiqué. La société n'a pas d'autre choix que [...] de terminer le contrat. »

La compagnie devait livrer un maximum de 8000 tonnes de carbonate de lithium à Livent pour un total de 28 000 tonnes sur la durée de l'entente.

Selon Rupert Mercer, de la Financière Banque Nationale, Nemaska aurait probablement été forcée de se tourner vers d'autres fournisseurs pour respecter son contrat avec Livent été donné que, dans le « meilleur des scénarios », l'usine ne sera pas terminée avant le milieu de 2020.

« Puisque le prix figurant au contrat était probablement en deçà du prix du marché, Nemaska profite de l'annulation du contrat, mais l'entreprise pourrait faire face à des risques si (l'entente) allait de l'avant », a souligné l'analyste, dans un rapport.

Nemaska Lithium est dans la tourmente après avoir annoncé, la semaine dernière, qu'elle avait besoin de 375 millions de plus afin de terminer la commercialisation de la mine de Whabouchi - à quelque 300 kilomètres au nord de Chibougamau - ainsi que son usine électrochimique de Shawinigan.

Le minerai de spodumène extrait de la mine Whabouchi doit être transformé en sels de lithium à valeur ajoutée, pour ensuite être vendu principalement à des fabricants de matériaux de cathodes destinés aux batteries rechargeables lithium-ion pour véhicules électriques.

Ce projet, dont la valeur était initialement estimée à 1,1 milliard, avait été annoncé en mai dernier.

Québec a injecté 130 millions dans l'aventure, dont 80 millions dans le capital-actions de la société par l'entremise du fonds Capital Mines Hydrocarbures. De plus, Ressources Québec a souscrit 50 millions en obligations.

Cette filiale d'Investissement Québec est le plus important actionnaire de la compagnie, avec une participation d'environ 13 %.