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Québec donne le feu vert au projet de Mine Arnaud

Le ministre de l'Environnement, David Heurtel, le ministre... (PHOTO FANNY LÉVESQUE, COLLABORATION SPÉCIALE)

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Le ministre de l'Environnement, David Heurtel, le ministre des Ressources naturelles, Pierre Arcand et le ministre délégué aux Mines, Luc Blanchette, entourent le directeur de projet de Mine Arnaud, François Biron.

PHOTO FANNY LÉVESQUE, COLLABORATION SPÉCIALE

Julien Arsenault
La Presse Canadienne

Le controversé projet de mine d'apatite à ciel ouvert à Sept-Îles a reçu le feu vert du gouvernement Couillard, qui juge que les efforts déployés par le promoteur Mine Arnaud pour répondre aux diverses préoccupations sont suffisants.

Sur la Côte-Nord, lundi, les ministres des Ressources naturelles, Pierre Arcand, et de l'Environnement, David Heurtel, ainsi que leur collègue délégué aux Mines, Luc Blanchette, ont ainsi confirmé l'octroi d'un certificat d'autorisation.

En plus des 17 engagements de Mine Arnaud, M. Arcand a prévenu que ce certificat était accompagné de 11 conditions concernant entre autres l'acceptabilité sociale, la qualité de l'air ainsi que les mesures d'urgence.

«Nous savons que le projet va devoir répondre aux normes les plus strictes, a dit le ministre, en conférence de presse. Il n'y aura aucun compromis de la part du gouvernement.»

Cette mine d'apatite - un minerai utilisé dans la fabrication d'engrais agricoles - représente des investissements totaux de 854 millions de dollars. La construction doit s'amorcer en janvier 2016 pour se terminer vers la fin de 2018.

Entre 800 et 1000 personnes doivent être embauchées au cours de la phase de construction. Quelque 300 personnes devraient travailler à la mine lors de l'exploitation, qui doit s'étaler sur une vingtaine d'années.

Les préoccupations entourant l'impact de ce projet de mine à ciel ouvert - la plus importante au Québec - ont divisé la population de Sept-Îles. Si le milieu des affaires et les syndicats ont salué l'investissement et la création d'emplois, les écologistes et des groupes citoyens se sont inquiétés des impacts sur la qualité de l'air et de l'eau.

Il y a un peu plus d'un an, le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) avait renvoyé Mine Arnaud à la table à dessin, estimant que son projet était inacceptable dans sans forme actuelle.

«Les conditions du décret et engagements du promoteur répondent aux préoccupations des communautés autochtones et de la population de Sept-Îles, a dit M. Heurtel. Ce certificat d'autorisation n'est qu'une première étape dans la réalisation du projet.»

Les 11 conditions qui accompagnent le décret concernent entre autres le maintien de la biodiversité et la qualité de l'eau, la stabilité des sols, le suivi de la qualité et le respect des niveaux sonores imposés.

En conférence de presse, le ministre de l'Environnement a reconnu que les préoccupations des citoyens à l'égard du projet étaient légitimes, mais a tenté de se montrer rassurant.

«Le projet dans sa forme actuelle répond aux préoccupations, a-t-il dit. Nous avons trouvé une façon de travailler ensemble.»

Les associations patronales ont salué la décision du gouvernement Couillard, l'Association minière du Québec soulignant au passage que cela démontrait que la province était «toujours un endroit de choix pour le développement minier responsable».

De son côté, la Coalition Québec meilleure mine a qualifié la conférence de presse «d'exercice de relations publiques» où aucun détail précis n'avait été fourni quant aux engagements pris par Mine Arnaud et les 11 conditions qui accompagnent le certificat d'autorisation.

«Le gouvernement manque le bateau, a déploré son porte-parole, Ugo Lapointe. On avait l'occasion d'expliquer ce qui avait changé depuis le rapport du BAPE. On n'a pas fourni d'études ou données techniques. Il n'y avait rien de nouveau.»

Dans son rapport, l'organisme gouvernemental avait également soulevé des questions quant à la viabilité du projet. L'offre étant abondante sur le marché du phosphate, qui se retrouve dans l'apatite, une pression à la baisse s'exerce sur les prix.

Selon plusieurs analystes ainsi que la Banque mondiale, le prix de la tonne de phosphate - actuellement aux alentours de 115 $ US -pourrait glisser jusqu'à près de 70 $ US en 2025.

Le principal partenaire d'Investissement Québec (IQ) - dont la participation dans ce projet est actuellement évaluée à plus de 60 % - est la multinationale norvégienne Yara.

«Il est prévu que la portion d'IQ va diminuer pour devenir minoritaire, a observé le directeur du projet pour Mine Arnaud, François Biron. Cela laisse la place à un troisième partenaire.»

M. Biron n'a toutefois pas fourni d'autres détails entourant l'arrivée d'un troisième partenaire dans ce projet de mine d'apatite.




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