Le pétrole chute à son niveau le plus bas depuis 2011

Le baril de «light sweet crude» (WTI) pour... (PHOTO DAVID MCNEW, ARCHIVES REUTERS)

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Le baril de «light sweet crude» (WTI) pour livraison en décembre a chuté de 1,59 dollar, à 77,19 dollars, sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), à son plus bas en clôture depuis le 3 octobre 2011.

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Prune PERROMAT
Agence France-Presse
NEW YORK

Les cours du pétrole ont chuté mardi à des plus bas depuis trois ans à New York et depuis quatre ans à Londres, dans un marché miné par ce que des analystes appellent la «guerre des prix» de l'Arabie saoudite face aux États-Unis.

Le baril de «light sweet crude» (WTI) pour livraison en décembre a chuté de 1,59 dollar, à 77,19 dollars, sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), son plus bas en clôture depuis le 3 octobre 2011. Il est même tombé en séance jusqu'à 75,84 dollars.

Le baril de Brent de la mer du Nord pour même échéance a fini à 82,82 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en baisse de 1,96 dollar. Il s'agit d'un plus bas depuis le 17 octobre 2010, lorsqu'il avait clôturé à 82,52 dollars. La référence londonienne a même glissé en séance jusqu'à 82,08 dollars.

L'annonce lundi par la compagnie nationale de pétrole et de gaz d'Arabie saoudite, Saudi Aramco, d'une baisse de ses prix de vente aux États-Unis en décembre a nettement ébranlé le marché du brut, accentuant la tendance baissière dans laquelle les prix sont englués depuis des mois.

La hausse des prix du brut saoudien vers l'Asie a été en revanche largement ignorée par les investisseurs.

En effet, cela a indiqué «une fois encore que le pays s'inquiète plus de la préservation de ses parts de marché que de la stabilisation des prix», relève Ole Hansen, analyste chez Saxo Bank.

Il n'y a plus aucun doute, pour Phil Flynn, expert pétrolier de Price Futures Group: «On sait qui l'Arabie saoudite vise avec sa stratégie de prix... Et il se pourrait bien que la Russie, l'Iran et le Venezuela soient les victimes collatérales du message que les Saoudiens veulent envoyer au producteur de pétrole de schiste américain».

Les Saoudiens doivent rivaliser de plus en plus avec les hydrocarbures dits non-conventionnels, dont l'exploitation a fortement progressé ces dernières années, conduisant à une explosion de la production américaine.

Les États-Unis «sont la première menace» à laquelle fait face le chef de file de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole, précise M. Flynn.

L'offre du premier consommateur mondial de brut s'est élevée fin octobre à près de 9 millions de barils par jour (8,97 mbj), soit un niveau jamais vu depuis au moins 30 ans.

Depuis son plus bas de 2008, lorsque le pays était empêtré dans la crise financière, la production de pétrole brut américaine a bondi de près de 60%.

Les États-Unis sont même déjà devenus les premiers producteurs d'hydrocarbures liquides au monde, en ajoutant le gaz naturel liquéfié, devant l'Arabie saoudite et la Russie.

La pression va se poursuivre 

Sur fond de forte abondance de l'offre, d'une économie mondiale incertaine et d'un dollar particulièrement vigoureux, les cours mondiaux du brut ont perdu plus du quart de leur valeur à Londres comme à New York depuis leur pic de la mi-juin.

Au final, à tout juste 3 semaines et demie de la réunion de l'OPEP,  «l'Arabie saoudite ne semble pas désireuse de réduire sa production et cela rend tout accord sur une diminution globale de la production du cartel assez peu probable le 27 novembre», ont indiqué les experts de Commerzbank.

«Cela laisse anticiper que la pression sur les prix (du brut) va se poursuivre», ont-ils estimé.

La décision de l'Arabie Saoudite de réduire le coût du baril de pétrole pour les consommateurs américains «ne surprend pas vraiment. Le pays est engagé dans une stratégie ambitieuse de sécurisation et de conquête de ses parts de marché à l'international, aux États-Unis et en Asie notamment», remarque Christopher Dembik, économiste chez Saxo Banque.

Le secrétaire général du cartel, Abdallah El-Badri, a pourtant nié la semaine dernière à Londres toute guerre des prix au sein de l'OPEP.

Dans ces conditions, le marché «reste à la recherche d'un plancher» à partir duquels ses prix pourront rebondir, a noté Gene McGillian, de Tradition Energy.




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