Les cours des métaux de base échangés au London Metal Exchange ont tous nettement baissé cette semaine, pénalisés par un dollar revigoré et par la hausse des prix de l'énergie du fait de la montée des tensions géopolitiques autour de la Syrie.

Alice DORE AGENCE FRANCE-PRESSE

«Les prix des métaux ont été sous la pression conjuguée du recul des marchés d'actions, d'inquiétudes géopolitiques grandissantes et d'un dollar renforcé», ont résumé les analystes de Commerzbank.

Les investisseurs se sont détournés cette semaine des actifs jugés les plus risqués, comme les métaux industriels, du fait de craintes d'une intervention militaire occidentale en Syrie, contre le régime du président Bachar al-Assad, accusé d'avoir utilisé des armes chimiques contre la population civile la semaine dernière.

L'un des principaux bénéficiaires de cette fuite des investisseurs vers les valeurs qu'ils jugent les plus sûres a été le dollar, qui, après être tombé la semaine dernière à son niveau le plus faible depuis mi-février face à la monnaie unique (1,3452 dollar pour un euro), a grappillé plus de 2 cents cette semaine.

La hausse du dollar est particulièrement néfaste pour les cours, car il rend plus onéreux les achats de matières premières libellées en dollars - comme les métaux de base.

Ainsi, tant que la situation en Syrie sera source d'incertitude, les métaux devraient rester sous pression et être orientés à la baisse, ont estimé les analystes de Triland Metals.

Cependant, comme l'ont relevé les analystes de Commerzbank, «les prix en baisse ne font que suivre un mouvement général (...), ils ne sont pas justifiés par des éléments fondamentaux (du marché, offre et demande)».

Pour ces experts, «la reprise actuelle de l'économie chinoise devrait aider les prix à se reprendre» dans les semaines à venir.

Le CUIVRE, baromètre du marché, est tombé vendredi à 7100 dollars la tonne, son niveau le plus faible en trois semaines.

Outre un rebond attendu de la demande chinoise, les prix pourraient bénéficier dans les semaines à venir de possibles mouvements de grève dans des mines au Chili (de le loin le plus gros pays producteur de minerai au monde), a-t-on prévenu chez Commerzbank.

L'ALUMINIUM est tombé vendredi à 1809 dollars la tonne, son niveau le plus faible en trois semaines.

«Malgré une solide croissance de la demande, (le marché de) l'aluminium s'enfonce dans une situation de surplus structurel» de l'offre, a observé Stephen Briggs, analyste chez BNP Paribas.

Plombée par une demande faible et une offre en hausse, la tonne de NICKEL a atteint vendredi 13.806 dollars, son niveau le plus bas depuis le 7 août.

Vendredi, la tonne d'ÉTAIN a atteint son niveau le plus faible en près d'un mois (21 040 dollars), la tonne de ZINC un plus bas en trois semaines (1897,50 dollars), tandis que le PLOMB tombait à 2156 dollars la tonne, un plus bas de deux semaines.

Sur le London Metal Exchange, la tonne de cuivre pour livraison dans trois mois s'échangeait à 7111,75 dollars la tonne vendredi à 13 h GMT (9 h à Montréal), contre 7.335 dollars le vendredi précédent à 12 h 30 GMT.

L'aluminium valait 1820 dollars la tonne, contre 1885 dollars.

Le plomb valait 2162 dollars la tonne, contre 2214 dollars.

L'étain valait 21 150 dollars la tonne, contre 21 919 dollars.

Le nickel valait 13 864 dollars la tonne, contre 14.525 dollars.

Le zinc valait 1905,25 dollars la tonne, contre 1971 dollars.