Le pétrole a clôturé en légère baisse lundi à New York, où des prises de bénéfices l'ont emporté sur un contexte international tendu, notamment en Égypte et en Libye.

Mis à jour le 19 août 2013
AGENCE FRANCE-PRESSE

Le baril de «light sweet crude» (WTI) pour livraison en septembre a cédé 36 cents à 107,10 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex).

À Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en octobre a enregistré une baisse plus substantielle de 50 cents, pour s'établir à 110,40 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE).

«Le léger mouvement de repli auquel nous assistons aujourd'hui (ce lundi) est surtout lié à des prises de bénéfices, alors que tout conduit plutôt à une hausse», analyse Andy Lipow, de Lipow Oil Asssociates.

À Londres, le pétrole avait commencé par monter lundi, avant de faire l'objet de prises de bénéfices, comme le baril coté à New York.

M. Lipow évoque un contexte général tendu au niveau de l'offre, notamment en raison des soucis de transport du pétrole en Libye et en Irak.

Un oléoduc reliant l'Irak à la Turquie a été la cible d'une énième attaque à la bombe la semaine dernière, provoquant à nouveau l'interruption des exportations de brut irakien. Par ailleurs en Libye, un mouvement de protestation contre le gouvernement de gardes d'installations pétrolières a fait chuter la production de brut.

«Avec également le coeur de la saison des ouragans (dans l'Atlantique, NDLR) et les violences qui se poursuivent en Égypte, on n'est pas près de voir un sérieux déclin du prix de pétrole», affirme Andy Lipow, qui ajoute à cette liste les tensions entre Soudan et Soudan du Sud.

Khartoum a en effet annoncé la fermeture d'un oléoduc transportant le pétrole du Soudan du Sud le 6 septembre comme mesure de rétorsion envers Juba, accusé de soutenir des rebelles au Soudan.

Dernier élément en jeu sur la place new-yorkaise, note Bart Melek de TD Securities, le probable ralentissement imminent des mesures de soutien à l'économie américaine de la Réserve fédérale. Or celles-ci favorisent l'achat d'actifs risqués, comme les matières premières.

Si un doute plane encore totalement sur l'issue du prochain Comité de politique monétaire des 17 et 18 septembre, l'accélération récente des taux sur le marché obligataire pourrait pousser la Fed à retarder son désengagement sur les marchés, selon des analystes. Les investisseurs jouiraient dans ce cas d'un sursis bénéficiant à l'or noir.

Mais pour d'autres, ce retrait aura bien lieu très prochainement. C'est l'avis de Michael Hewson, chez CMC Markets: «Il semble que les investisseurs se soient décidés sur le fait que la Fed commencera à ralentir ses mesures d'aide le mois prochain et la seule inconnue est de combien sera ce ralentissement».

Les opérateurs scruteront donc la publication des minutes de la dernière réunion de la Fed mercredi, espérant y trouver un indice sur le futur de la politique monétaire ultra-accommodante de la Fed.

L'institution injecte actuellement, et ce depuis le début de l'année, 85 milliards de dollars par mois dans le système financier américain via des rachats d'actifs, une mesure qui a tendance à favoriser les investissements dans les actifs jugés plus risqués comme le pétrole.