Les prix du pétrole évoluaient sans direction jeudi en fin d'échanges européens, dans un marché volatil tiraillé entre l'affaiblissement du dollar, les avancées sur le dossier grec, et les prises de bénéfices au lendemain d'une forte hausse.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Vers 12H00 (HAE), le baril de Brent de la Mer du Nord pour livraison en août s'échangeait à 111,97 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, reculant de 43 cents par rapport à la clôture de mercredi.

Sur le New York Mercantile Exchange, le baril de «light sweet crude» (WTI) pour la même échéance gagnait 22 cents à 94,99 dollars.

Les cours du baril tentaient de se ressaisir dans un marché extrêmement nerveux, après s'être repliés pendant la plus grande partie de la séance sous le coup de prises de bénéfices, au lendemain d'une forte hausse de plus de 3 dollars à Londres.

Les cours du Brent «ont reculé un petit peu, ce qui semble une correction plutôt raisonnable après le solide rebond enregistré la veille», soulignait  Myrto Sokou, analyste du courtier Sucden.

Le marché profitait néanmoins de l'affaiblissement du dollar face à un euro revigoré par le vote du Parlement grec, qui a voté jeudi la loi d'application du plan d'austérité adopté mercredi, ouvrant la voie à la poursuite du soutien financier de la zone euro et du Fonds monétaire international (FMI) au pays.

La dépréciation du billet vert rend plus attractifs les achats de brut, libellés dans la monnaie américaine, pour les investisseurs détenant d'autres devises.

«Un nouveau plan de soutien (international) est désormais attendu pour aider à résoudre ce qui reste une crise au long cours. Les risques d'un défaut de paiement de la Grèce ont considérablement diminué, ce qui est un grand soulagement pour tout le monde», notait Philip Wiper, du courtier PVM.

«Les investisseurs ont l'air un peu rassurés après le vote du Parlement grec, mais les conditions d'échanges devraient rester relativement volatiles à court terme, suspendues aux fluctuations du marché des changes», ajoutait Mme Sokou.

La prudence sur l'évolution de la situation en Grèce restait cependant de mise et pourrait alimenter la nervosité du marché dans les jours à venir.

«Le marché devrait rester sceptique sur la possibilité que ce plan d'austérité puisse être entièrement mis en oeuvre (...) On se rapproche d'un reflux de la vague d'optimisme sur la Grèce. Ce plan n'est pas une véritable solution à la crise», observait Filip Petersson, analyste de la banque SEB.

Sur le front macroéconomique, les opérateurs digéraient par ailleurs deux indicateurs américains divergents: les chiffres décevants des demandes d'allocations chômage la semaine dernière d'une part, et une hausse inattendue de l'activité dans la région de Chicago d'autre part.

Le prix du Brent a regagné depuis le début de la semaine les 10 dollars qu'il avait lâché en fin de semaine dernière après l'annonce par l'Agence internationale de l'Énergie (AIE) qu'elle mettrait sur le marché 60 millions de barils issus des réserves stratégiques de ses États membres.

Mais «les gains réalisés par les prix du brut ces derniers jours ne paraissent pas justifiés» par les fondamentaux du marché, «et étant donné les amples réserves disponibles, il faut envisager un recul des cours dès que l'enthousiasme sur la situation en Grèce sera retombé», avertissaient les analystes de Commerzbank.