Les prix du pétrole se sont stabilisés jeudi à New York, au lendemain d'une forte chute, le marché peinant à rebondir alors que les inquiétudes restent vives face à la crise en Grèce.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de «light sweet crude» pour livraison en juillet a terminé à 94,95 dollars, en hausse de 14 cents par rapport à la veille.

Les cours avaient chuté de plus de quatre dollars mercredi, tombant en séance à leur plus bas niveau depuis février. Ils ont connu jeudi une séance très hésitante, oscillant autour de l'équilibre jusqu'à la clôture.

«Après la chute (de mercredi), on aurait dû avoir un rebond, mais la faiblesse de l'euro et les inquiétudes pour la dette grecque ont vraiment pesé sur les prix», a commenté Matt Smith, de Summit Energy.

Pour le marché du pétrole, «l'effet immédiat vient de l'euro, par sa relation au dollar. Cela dit, à plus long terme, cela pourrait avoir des répercussions dramatiques sur l'économie européenne», a-t-il ajouté.

Les marchés financiers s'inquiètent de voir la Grèce, sous le poids d'une dette publique considérable, se retrouver en situation de défaut de paiement, ce qui aurait de lourdes conséquences pour le secteur bancaire européen.

La crise budgétaire s'est en outre transformée jeudi en crise politique, le premier ministre grec Georges Papandréou tentant de remanier son gouvernement pour faire adopter des mesures d'austérité.

Sur le plan des échanges financiers, la chute de l'euro mercredi et jeudi a poussé le dollar en forte hausse, ce qui rend le brut moins attirant pour les acheteurs munis d'autres devises.

Selon Matt Smith, d'autres facteurs sont venus compenser ces inquiétudes, permettant au cours du pétrole de se stabiliser.

Des indicateurs économiques meilleurs que prévu ont été publiés aux États-Unis, où les inscriptions au chômage ont baissé plus que prévu la semaine dernière, et la construction de logements est repartie à la hausse en mai.

En outre, l'Agence internationale de l'Énergie (AIE) a revu à la hausse, de 100 000 barils par jour sa prévision de demande mondiale de pétrole en 2011.