Les prix du baril de pétrole ont de nouveau nettement reculé vendredi à New York, passant sous 75$ alors que le marché s'inquiétait de la faiblesse de la demande et de l'impact des mesures voulues par l'administration américaine pour réguler davantage les banques.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de «light sweet crude» pour livraison en mars a terminé à 74,54$, en baisse de 1,54$ par rapport à la clôture de jeudi.

Il a touché en séance 74,33$, son plus bas niveau depuis le 22 décembre.

«La semaine a été mauvaise pour le marché pétrolier, a estimé Phil Flynn, de PFG Best Research. Ce qui se passe, c'est que le marché craque sous le poids des fondamentaux» du marché pétrolier (l'offre et la demande).

Les statistiques hebdomadaires du département de l'Énergie avaient révélé jeudi que la demande américaine pour les produits pétroliers était restée en baisse (-1,8%) sur les quatre dernières semaines par rapport à la même période de l'an dernier.

«Plusieurs facteurs font baisser ce marché, a commenté de son côté Jason Schenker, de Prestige Economics. La situation de l'offre et de la demande en est l'exemple le plus fondamental, et à cela s'ajoute ce que le marché voit comme des changements de régulation effrayants.»

Le président américain Barack Obama a annoncé jeudi qu'il voulait imposer de nouvelles règles aux banques pour les empêcher de prendre trop de risque. Il  souhaite notamment interdire à toute banque collectant des dépôts de spéculer sur les marchés pour son propre compte. «Il y a un risque que cela affecte les échanges effectués par les banques», a jugé M. Schenker.

Le marché s'est montré d'autant plus sensible à ces annonces, selon M. Schenker, qu'elles interviennent alors que l'autorité américaine de régulation des marchés des matières premières, la CFTC, vient de proposer des limites de positions aux plus gros opérateurs, autrement dit les grandes banques, pour contrôler la spéculation.