Hydro-Québec a dû réduire ses exportations de 22% au premier trimestre, mais elle soutient que cela n'a rien à voir avec le ralentissement économique aux États-Unis.

Marie Tison
Marie Tison LA PRESSE

La société d'État blâme plutôt les grands froids qui ont sévi au Québec, qui l'ont obligée à garder davantage d'électricité pour le marché intérieur.

 

Hydro-Québec a vendu 4,8 térawattheures à l'extérieur du Québec au premier trimestre de 2009, comparativement à 6,2 TWh au premier trimestre de l'exercice précédent.

«La baisse de volume de 1,4 TWh est attribuable à l'indisponibilité des moyens de production d'Hydro-Québec pour l'exportation dans un contexte de température plus froide au Québec, a déclaré au cours d'une conférence téléphonique la vice-présidente comptabilité et contrôle de la société d'État, Lise Croteau, utilisant le jargon hydro-québécois. Ce n'est pas lié à une baisse de la demande sur le marché américain.»

Les revenus de la société d'État liés à l'exportation ont diminué de 130 millions de dollars au premier trimestre de 2009, mais la dépréciation du dollar canadien a permis de compenser une bonne partie de cette diminution et l'a ramenée à 92 millions. Cela correspond à une baisse de 17% des revenus liés à l'exportation.

Ventes au Québec

Les revenus liés aux ventes d'électricité au Québec ont augmenté de 6% pour atteindre 3,3 milliards de dollars au premier trimestre de 2009. Cette augmentation est liée au temps plus froid de l'hiver 2009, mais aussi aux augmentations de tarifs décrétées le 1er avril 2008.

En général, les exportations sont plus rentables que les ventes aux Québec parce que les prix sont plus élevés que dans la province.

Hydro-Québec a enregistré un bénéfice net de près de 1,41 milliard au premier trimestre de 2009, ce qui est légèrement moins que le bénéfice net de 1,45 milliard enregistré une année auparavant. Mme Croteau a toutefois fait remarquer que ce dernier chiffre comprenait un gain de 117 millions lié à un ajustement de prix dans le cadre de la vente de la participation d'Hydro-Québec dans Transelec, au Chili. Si on ne tient pas compte de ce gain, le bénéfice du premier trimestre de 2008 s'établit à 1,3 milliard. Le bénéfice de 1,41 milliard du premier trimestre de 2009 représente donc une augmentation de 5%.

Mme Croteau a affirmé que ce résultat était très satisfaisant, compte tenu du contexte économique actuel.

«Au premier trimestre, malgré un contexte où les prix de marché pour l'énergie ont été moins favorables que l'an dernier, ces prix ont été gérés dans le cadre de notre gestion de risque et nous avons réussi à avoir de tels résultats, a-t-elle déclaré. C'est difficile de s'avancer pour les prochains trimestres, mais nous sommes toujours confiants de pouvoir réaliser notre objectif d'un bénéfice net de 2,7 milliards pour l'ensemble de 2009.»