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Le siège social de Rio Tinto Alcan perd des plumes

Depuis son acquisition par Rio Tinto en 2007, Alcan a perdu deux de ses... (Photo: Robert Mailloux, La Presse)

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Photo: Robert Mailloux, La Presse

Hélène Baril

(Montréal) Depuis son acquisition par Rio Tinto (RTP) en 2007, Alcan a perdu deux de ses fonctions de siège social, soit la direction de la division bauxite et alumine, partie pour Brisbane en Australie, et celle des relations avec les investisseurs, qui a pris le chemin de Londres.

Rio Tinto Alcan éliminera encore entre 120 et 140 emplois à son siège social de Montréal d'ici la fin de l'année, a-t-on appris hier. L'entreprise soutient toutefois que le nombre d'employés dans ses bureaux n'est pas plus bas qu'avant la transaction.

 

La perte de fonctions normalement rattachées au siège social pourrait toutefois contrevenir à l'entente conclue entre Alcan et le gouvernement du Québec qui voulait s'assurer de conserver le maximum d'activités dans la province, advenant un changement de contrôle de l'entreprise.

Rio Tinto s'est engagée à respecter la «convention de continuité», comme on appelle cette entente signée le 13 décembre 2006. Le document de 10 pages stipule au sujet du siège social que le propriétaire d'Alcan s'engage au «maintien au Québec d'activités et de sièges sociaux opérationnels, financiers et stratégiques importants pour Alcan et ses actifs à des niveaux essentiellement similaires à ceux d'Alcan à ce moment (...)».

Des assurances

Le ministre du Développement économique Raymond Bachand, qui a signé le document au nom du gouvernement, a précisé, lors de l'acquisition d'Alcan, ce que voulait dire «des niveaux essentiellement similaires», c'est-à-dire «l'assurance que le siège social de la nouvelle société sera situé à Montréal et qu'il sera investi de l'ensemble des fonctions généralement confiées à un tel siège social».

Le départ pour Londres du service des relations avec les investisseurs et celui de la division bauxite et alumine pour l'Australie ne contreviennent pas à l'entente de continuité, selon la porte-parole du ministre Bachand, Anne-Sophie Desmeules.

«Il y a eu un réaménagement, mais l'importance stratégique du siège social est maintenue», a-t-elle soutenu hier. Selon sa porte-parole, le ministre a des contacts hebdomadaires avec la présidente de Rio Tinto Alcan, Jacynthe Côté, et il a obtenu l'assurance que les engagements de l'entreprise seront respectés malgré la conjoncture difficile, notamment en ce qui concerne les investissements à venir et le maintien du siège social.

Lors de l'achat d'Alcan par Rio Tinto, 860 personnes travaillaient au siège social, dont 640 employés permanents et 220 contractuels.

Il y a actuellement (avant les licenciements) 750 personnes dans les bureaux de Montréal, soit 645 employés permanents et 105 contractuels, a précisé hier le porte-parole de Rio Tinto Alcan, Stefano Bertolli.

Le nombre d'employés permanents a augmenté parce que le siège social de Montréal fournit des services à d'autres composantes du groupe Rio Tinto, a-t-il expliqué.

Rio Tinto Alcan assure que l'entente conclue avec le gouvernement du Québec continuera d'être respectée après les licenciements, puisque cette entente ne prévoit pas un nombre d'emplois minimum (plancher d'emplois).

L'élimination de 120 à 140 postes au siège social est liée à conjoncture économique difficile et non à la réorganisation qui a suivi la transaction, a assuré Stefano Bertolli. Il s'agit de postes de cadres d'expérience, dont un certain nombre était déjà vacant.

Cette réduction d'effectifs avait été annoncée par Rio Tinto Alcan le 20 janvier dernier, en même temps que la fermeture de son usine de Beauharnois et la réduction de la production d'alumine au Saguenay. Lors de cette annonce, il était question d'éliminer 1100 emplois, sans autres précisions.

Comme la loi le prévoit, l'entreprise a prévenu le gouvernement québécois le 13 février dernier que de 120 à 140 employés de son siège social de Montréal seraient licenciés.

Projet au siège social

Par ailleurs, le projet d'agrandissement du siège social, annoncé avant l'acquisition par Rio Tinto et avant la crise qui secoue l'industrie des matières premières, n'est pas mort, a fait savoir le porte-parole de l'entreprise.

«Il va aller de l'avant, c'est un engagement qu'on a pris et qui va se réaliser», a dit Stefano Bertolli.

Aucun échéancier précis n'est cependant avancé. Rio Tinto a dû mettre un frein à ses dépenses et réduire sa production pour faire face au revirement brutal de la conjoncture économique.

Alcan avait acheté un édifice adjacent auparavant occupé par l'Armée du Salut pour agrandir son siège social à un coût estimé entre 40 et 50 millions. Selon le porte-parole de Rio Tinto Alcan, l'agrandissement est toujours nécessaire pour rapatrier sous le même toit la centaine d'employés qui travaillent dans des bureaux loués situés à proximité.

Ce genre de projet n'est pas jugé prioritaire, compte tenu de la chute de la demande et des prix de l'aluminium qui fait mal à Rio Tinto Alcan et surtout à sa société mère Rio Tinto, qui s'est lourdement endettée pour l'acheter.

Hier, la division bauxite et alumine a fait savoir depuis l'Australie que la production de bauxite sera réduite et que la construction d'une nouvelle raffinerie d'alumine sera ralentie. Une centaine d'employés permanents et près de 600 contractuels sont touchés par cette nouvelle réduction d'activités.

 




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