L'investissement massif de 19,5 milliards de dollars US de l'aluminerie Chinalco dans Rio Tinto (RTP) n'entraînera pas d'embellie pour les usines québécoises du groupe, du moins à court terme.

Mis à jour le 12 févr. 2009
Maxime Bergeron
Maxime Bergeron LA PRESSE

C'est ce qu'a déclaré ce matin Tom Albanese, chef de la direction de Rio Tinto, pendant une conférence téléphonique. Son entreprise a soumis Rio Tinto Alcan - la division aluminium du groupe- à un vaste programme de réduction des coûts ces dernières semaines, en plus de reporter des centaines de millions en investissements.

«Les décisions de revoir la structure de coûts de Rio Tinto Alcan sont surtout basées sur les conditions difficiles du marché de l'aluminium», a dit M. Albanese.

«Nous devrons voir ces conditions difficiles du marché de l'aluminium s'améliorer avant de revoir cela», a-t-il ajouté.

Rio Tinto Alcan a annoncé le mois dernier la fermeture de son aluminerie de Beauharnois, près de Montréal, de même qu'une réduction de production dans deux usines du Saguenay. Trois autres usines québécoises sont menacées de fermeture.

L'entreprise compte recommencer à investir dans ses installations du Québec et de la Colombie-Britannique quand les prix de l'aluminium reprendront du tonus, a affirmé M. Albanese.

«Je dirais que la transaction avec Chinalco nous donnera la flexibilité financière de répondre à cela plus vite que si la transaction n'avait pas eu lieu.»

Rio Tinto a payé 38,1 milliards pour acquérir Alcan en 2007, dans un cycle haussier du marché de l'aluminium.

Les cours de l'aluminium ont fortement chuté sur le London Metal Exchange depuis leur sommet de juillet. Le métal gris s'échangeait alors à 3341 $US la tonne, comparativement à 1383 $ ce matin à 11h15.