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Les hommes au travail: inévitables combats de coqs

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Lorsque deux hommes se retrouvent dans un même univers professionnel, les risques de compétition augmentent. Ceux-ci feront plusieurs gestes pour se démarquer en vue de l'obtention d'une promotion ou d'un statut particulier aux yeux de l'employeur et des autres collègues.

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Vols de clients, mensonges, cachette d'informations, sabotage du travail des collègues, incapacité d'évoluer dans un climat d'entraide. Ces caractéristiques ne sont pas celles d'un drame hollywoodien, mais la réalité à laquelle certaines entreprises font face lorsqu'elles forment des équipes composées de plus d'un homme.

Bien que cette description semble légèrement dramatique et qu'elle ne puisse être généralisée à tous les milieux de travail, les spécialistes l'observent depuis des lunes. «Les combats de coqs entre collègues sont très fréquents et ne datent pas d'hier, confirme Pierrette Desrosiers, psychologue du travail. Ces comportements sont inscrits dans le code génétique des hommes et trouvent leur origine dans une logique de survie.»

Réflexes primaires

«Selon la théorie de Darwin, les hommes devaient compétitionner pour avoir des femmes. S'ils n'étaient pas compétitifs, ils ne survivaient tout simplement pas. Bien entendu, ces comportements ne sont plus adéquats dans le monde d'aujourd'hui, mais on continue de les reproduire», dit la psychologue

«Nos réflexes primaires de survie sont très bien ancrés. Dans une simple réunion de bureau, si un collègue concentre son regard pour nous signifier que notre idée n'a aucun sens, nos mécanismes de défense vont s'enclencher comme si nous venions de croiser un ours. Tout cela se joue à un niveau très inconscient.»

Ainsi, lorsque deux hommes se retrouvent dans un même univers professionnel, les risques de compétition augmentent. Ceux-ci feront plusieurs gestes pour se démarquer en vue de l'obtention d'une promotion ou d'un statut particulier aux yeux de l'employeur et des autres collègues.

«Quand on se retrouve avec des ego démesurés à une même table de travail, on n'opère plus avec une approche de collaboration, en fonction de notre mission et de nos objectifs, souligne Mme Desrosiers. Au lieu de chercher la meilleure idée ensemble, on se demande comment soi, on peut arriver à ses fins.»

Il existe pourtant des bienfaits à la rivalité entre collègues. «Un petit degré de compétition peut avoir du bon, assure Pierrette Desrosiers. Individuellement, ça nous pousse à être mieux préparés, plus motivés et à vouloir se dépasser. En équipe, la compétition peut aider à mobiliser les gens. Mais c'est très difficile à gérer. En entreprise, la compétition semble avoir plus d'effets pervers que d'éléments positifs.»

Les employeurs ont donc tout intérêt à encourager les comportements de collaboration. «On est souvent incohérent: on veut une équipe performante, mais on récompense les accomplissements individuels. Idéalement, il faudrait expliquer, évaluer et valoriser les comportements d'équipes. Par exemple, un patron pourrait établir qu'une promotion ira à un leader inclusif, doté d'un fort esprit de collaboration, et non à celui qui a été le plus compétitif. Il faut arrêter de se centrer sur le "je" et penser davantage au "nous".»




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