Faire appel à coach, c'est accepter de sortir des sentiers battus. Ce spécialiste n'offre pas de solutions, mais plutôt des questions qui amèneront son client à explorer des avenues inédites dans son emploi ou sa carrière.

Marie Lambert-Chan, collaboration spéciale LA PRESSE

Autrefois réservé aux dirigeants de grandes entreprises, le coaching professionnel est maintenant recherché par les travailleurs de tout acabit. Sa popularité ne se dément pas.

«Parfois, on a l'impression de tourner en rond dans notre travail. Pour se dépasser, il peut être bon de faire appel à un coach comme le font les athlètes», affirme Yvon Chouinard, président de la Fédération internationale des coachs du Québec (FICQ).

Selon lui, cet engouement s'explique par les exigences actuelles du marché du travail, où il faut parfois acquérir rapidement certaines compétences qui ne sont pas enseignées sur les bancs d'école. «Plusieurs entreprises ont maintenant recours aux services de coach pour aider des employés qui sont propulsés à la tête d'une équipe, mais n'ont pas de formation de gestionnaire», observe-t-il.

Il note aussi la nécessité accrue d'accompagner la relève qui doit remplacer les baby-boomers, sans brûler d'étapes.

«Il y a également tous ces travailleurs qui souhaitent atteindre leur plein potentiel, ou encore qui sont en repositionnement de carrière», ajoute Lyne Leblanc, coach et fondatrice de Diligence Services de coaching.

Brasser la cage

C'est le cas d'Annie. «Depuis une douzaine d'années, je dirige des organismes sans but lucratif. J'ai pris une année pour réfléchir à ma carrière, et la personne la plus apte à m'épauler dans cette remise en question est mon coach», estime celle qui préfère taire son identité.

Pourquoi? «Parce qu'il me sort de ma zone de confort, il brasse la cage», répond-elle.

Le coaching n'a pas pour but d'apporter du réconfort émotionnel au client. «Ce n'est pas une psychothérapie», fait remarquer Yvon Chouinard. Le coach n'est ni un mentor qui partage son expérience, ni un consultant qui apporte des solutions toutes faites. «Notre méthode s'inspire plutôt de la maïeutique: on interroge les clients pour les amener à accoucher de leurs propres idées, et ainsi aller plus loin, toujours avec prudence et respect», explique-t-il.

Il est recommandé de rencontrer deux ou trois coachs avant de fixer son choix. «Vous devez sentir que vous pouvez lui faire confiance dès la première rencontre, qu'il y a une adéquation entre vos besoins et son offre de service», mentionne Mme Leblanc.

«Une personne désirant obtenir des services de coaching devrait vérifier si le coach a été formé spécifiquement en coaching et, préférablement, s'il est certifié par un organisme reconnu, comme la Fédération internationale des coachs, insiste M. Chouinard. Des personnes dans le marché se présentent comme coach, sans avoir obtenu une formation préalable, ce qui entraîne parfois des situations malheureuses où les clients n'obtiennent pas les services professionnels attendus.»

Une démarche exigeante

Lyne Leblanc suggère quelques questions à poser lors de votre premier contact: «Comment travaillez-vous? Quels sont vos outils? Avez-vous déjà rencontré une situation similaire à la mienne? Écoutez le coach vous questionner. A-t-il un intérêt réel pour vous?»

Généralement, un coaching professionnel dure quelques mois, à raison de deux séances par mois. Les prix sur le marché varient, mais la moyenne au Canada est de 200$ l'heure. «La grande majorité des organisations assumeront ces coûts, car le coaching fait désormais partie du développement individuel des travailleurs», indique Yvon Chouinard.

Le client est responsable de l'atteinte de ses objectifs. «C'est un processus de responsabilisation et d'autonomie», affirme Lyne Leblanc. «Le coach est comme l'entraîneur de hockey: il ne va pas sur la glace avec les joueurs, il reste derrière le banc», renchérit M. Chouinard.

Cette démarche exigeante n'est peut-être pas faite pour tout le monde, signale toutefois Annie. «Je recommande le coaching aux gens qui sentent que le statu quo dans leur vie professionnelle n'est plus acceptable.»