Dans le domaine des soins infirmiers, le travail ne manque pas. D'ailleurs, depuis des années, on parle régulièrement de manque d'effectifs. Conséquence naturelle: presque tous les diplômés trouvent un emploi sans difficulté. Mais ce ne sont pas toujours des emplois permanents, à temps plein ou à des horaires dits traditionnels.

Martine Letarte, collaboration spéciale LA PRESSE

«La profession d'infirmière continue d'attirer énormément de jeunes et d'adultes en réorientation de carrière, notamment parce qu'on sait que le chômage est pratiquement inexistant», affirme Suzanne Durand, directrice, développement et soutien professionnel, à l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ).

Elle indique qu'en 2010-2011, plus de 5500 étudiants ont choisi de se diriger vers la profession.

«Cela représente 58% de tous les étudiants inscrits dans un programme technique en santé au niveau collégial. Dans les baccalauréats en santé, 30% des étudiants ont choisi les sciences infirmières. Depuis 2006, le nombre d'inscriptions a été en constante augmentation. Pour le moment, on réussit à compenser les départs à la retraite par les arrivées», précise-t-elle.

Infirmières et infirmiers auxiliaires

À l'Ordre des infirmières et des infirmiers auxiliaires du Québec (OIIAQ), on est aussi très satisfait de la capacité d'attraction de la profession.

«On a près de 2000 nouvelles infirmières auxiliaires diplômées par an, depuis quatre ou cinq ans, alors que vers la fin des années 90 et le début des années 2000, on était à environ 300», affirme Régis Paradis, président de l'OIIAQ.

Parle-t-on encore de pénurie?

«Chez les infirmières auxiliaires, nous sommes sensiblement en équilibre, mais cela dépend toujours des régions», précise-t-il.

D'ailleurs, deux ordres professionnels remarquent que la situation est particulièrement difficile en Outaouais, puisque l'Ontario voisin, avec ses salaires plus élevés, attire une partie de l'effectif.

«On ne peut pas dire toutefois qu'il y a pénurie partout. Il y a eu énormément de réorganisation du travail pour pallier le manque de personnel en privilégiant aussi une plus grande collaboration interprofessionnelle», indique Mme Durand.

Toutefois, si les infirmières et les infirmières auxiliaires trouvent généralement instantanément un boulot en sortant de l'école, ce n'est pas nécessairement celui de leur rêve.

«Il y a beaucoup de temps partiel et de travail sur appel, précise Régis Paradis. Elles arrivent souvent à travailler cinq jours par semaine quand même, mais c'est plus difficile pour l'équilibre travail-famille. Parmi nos membres, seulement 40% ont un poste à temps plein. Certaines peuvent attendre jusqu'à 10 ans avant d'avoir un poste à temps plein, parce que les employeurs affichent peu de postes.»

À l'OIIQ, les statistiques sont semblables. Chez la relève infirmière, en 2009-2010, seulement 37% travaillaient à temps complet. Dans l'effectif infirmier exerçant au Québec, la proportion grimpe à 57%.

71 371

Nombre total de membres 2009-2010

64 556

Nombre de femmes

6815

Nombre d'hommes

2347

Nombre de nouvelles inscriptions dans l'année

22 287

Nombre total de membres inscrits au 31 mars 2010

20 261

Nombre de femmes

2026

Nombre d'hommes

1717

Nombre de nouveaux permis délivrés en cours d'année