À l'heure où plusieurs détaillants québécois souffrent, ferment des magasins ou déclarent faillite, le Fonds de solidarité FTQ annonce un prêt de 5 millions de dollars à Rudsak et de 6 millions à Souris Mini. Ces prêts non garantis de cinq ans motiveront la croissance des deux enseignes qui viennent d'ouvrir de nouveaux concepts de magasins au Carrefour Laval, où l'annonce des investissements a été faite, hier.

Mis à jour le 16 sept. 2015
Isabelle Massé LA PRESSE

«Plus de la moitié du prêt va être dirigé vers notre nouveau site internet transactionnel sur lequel nous avons travaillé pendant huit mois et qui entrera en fonction le 15 novembre, détaille Annie Bellavance, cofondatrice de Souris Mini. Grâce au Fonds, également, Souris Mini poursuivra sa croissance au Canada, par l'ajout d'autres boutiques.»

«Ce prêt nous servira notamment à mettre de l'avant notre nouveau concept de magasins et à embaucher des gens avec une grande expertise», dit pour sa part Evik Asatoorian, fondateur et président de Rudsak.

Créée il y a 21 ans, Rudsak compte 30 magasins et emploie plus de 600 personnes. Souris Mini, qui souffle 25 bougies cette année, compte 350 employés. «D'ici trois ans, je veux en embaucher 60 autres», vise Annie Bellavance.

«Nous sommes convaincus que Rudsak et Souris Mini augmenteront leur chiffre d'affaires, ajoute Léopold Turgeon, président du Conseil québécois du commerce de détail. L'innovation est au coeur de toutes leurs activités. Elles misent sur la qualité du produit, ont une vision de croissance soutenue et font des efforts sur le plan numérique.»

Les détaillants québécois ciblés

Le Fonds cible par ses investissements les détaillants québécois depuis 1996. Le premier élu a été Renaud-Bray. «C'était tout nouveau pour nous, à l'époque, alors que nous connaissions davantage le secteur manufacturier», raconte Normand Chouinard, premier vice-président, investissements, du Fonds de solidarité FTQ.

Depuis, le Fonds a investi plus de 300 millions de dollars dans le commerce de détail pour soutenir 17 entreprises, telles Sail, La Vie en Rose, New Look, Lolë, Linen Chest et Germain Larivière. «Et le rendement a toujours été positif, jure Normand Chouinard, qui garde toutefois secret le niveau des rendements. Les entreprises que nous appuyons ont des points communs. Leur siège social est au Québec, elles génèrent des retombées économiques importantes jusque chez les fournisseurs, les travailleurs de la construction et les agences de marketing. Leur modèle d'affaires est exportable, ce qui est très important pour nous. Elles ont su bien tirer leur épingle du jeu en s'adaptant aux attentes des consommateurs.

«D'ailleurs, de plus en plus de détaillants se manifestent à nous, ajoute Normand Chouinard. Car on est parmi les seuls à investir dans le commerce de détail, un secteur qu'on suit à temps plein.»

Le Conseil québécois du commerce de détail espère que d'autres emboîteront le pas pour appuyer les détaillants d'ici. «Après tout, c'est une industrie qui a connu une croissance de 4000 emplois cette année, indique Léopold Turgeon. C'est aussi un dollar sur trois qui entre dans l'économie, mais ça passe encore trop souvent sous le radar.»

Design revu

Le design des magasins Rudsak a été revu, comme en témoigne la boutique du Carrefour Laval, qui s'étend sur 2700 pieds carrés. «C'est d'ailleurs notre plus grand magasin, dit le président Evik Asatoorian. Le miroir vieilli au fond du magasin s'accorde avec l'allure cool et rebelle de la marque.»

«Dans le nouveau concept Rudsak, les sections de vêtements, manteaux, chaussures et accessoires sont bien définies», explique le président Evik Asatoorian.

Chaque nouveau magasin Souris Mini nécessite un investissement de 250 000$ à 300 000$. «Mais ce fut encore plus pour notre tout nouveau magasin de Cap-Rouge, près de notre siège social et qui fait 4200 pieds carrés», dévoile la cofondatrice Annie Bellavance.

Les nouveaux magasins Souris Mini invitent les très jeunes clients et leurs parents dans «un monde imaginaire, décrit la cofondatrice Annie Bellavance. On y trouve des lampes surdimensionnées, des maisons en bois, des décors retravaillés comme par des enfants. Et tout le design est conçu à l'interne».