Le géant américain de la distribution, Wal-Mart (WMT), a annoncé jeudi de bons bénéfices mais des ventes difficiles aux États-Unis, et n'attend pas d'amélioration au premier trimestre, signe que la consommation américaine est encore fortement touchée par la crise économique.

Mis à jour le 18 févr. 2010
Thibault Le Grand AGENCE FRANCE-PRESSE

Le groupe a dégagé un bénéfice net meilleur que prévu au quatrième trimestre, en hausse de 22% à 4,63 milliards de dollars, ce qui lui permet d'enregistrer une progression de son résultat net annuel de 7%.

Ramené par action et ajusté des éléments particuliers (charges de restructuration et crédits d'impôts sur les bénéfices à l'étranger), le bénéfice net atteint 1,17 dollar, à comparer au 1,12 dollar anticipé par les analystes.

«Notre gestion appliquée des affaires et le contrôle serré de nos coûts nous ont permis d'agir sur les dépenses opérationnelles lors du quatrième trimestre», a commenté le PDG de Wal-Mart, Mike Duke, cité dans le communiqué.

M. Duke a souligné que les bénéfices avaient «dépassé les attentes» du groupe. Sur l'année (exercice clos le 31 janvier 2010), le bénéfice net atteint 14,33 milliards de dollars, en hausse de 7%.

Mais ces résultats sont en trompe-l'oeil, car le chiffre d'affaires du géant de la distribution se révèle décevant: 113,65 milliards de dollars au dernier trimestre, en augmentation de 4,4% sur un an, contre un consensus à 114,56 milliards. Le chiffre d'affaires annuel atteint 408,21 milliards, soit une croissance de 1,0%.

Surtout, les ventes de la division américaine, Wal-Mart US, de loin la première chaîne de grandes surfaces aux États-Unis, reculent au dernier trimestre de 0,5% sur un an à 70,969 milliards de dollars. Le repli atteint même 2% si on considère des périodes d'une durée identique de 13 semaines d'une année sur l'autre.

Wal-Mart ne doit son salut qu'à de bonnes performances hors des États-Unis: sa division internationale enregistre une hausse de 19,5% de son chiffre d'affaires à 29,572 milliards de dollars.

La performance médiocre des magasins américains démontre ainsi que la consommation des classes moyennes et modestes, coeur de clientèle de Wal-Mart, reste en berne aux États-Unis où le taux de chômage s'élevait à 9,7% en janvier.

Pour Douglas McIntyre, analyste du site 247Wallst.com, «le fait même que le chiffre d'affaires de Wal-Mart soit en hausse est un triomphe», compte tenu des «conditions sévères» dans lesquelles opère le groupe.

Wal-Mart prévoit pour l'année prochaine un bénéfice ajusté par action de 3,90 à 4,00 dollars, en ligne avec les estimations d'analystes (3,97 dollars), mais dans le bas de la fourchette au premier trimestre (entre 0.81 et 0.85 contre des estimations à 0.85).

Le groupe n'attend pas d'amélioration immédiate du côté de la consommation aux États-Unis, avec notamment des ventes «constantes, de plus ou moins 1%» au premier trimestre sur un an.

«Nous attendons une croissance forte à l'international cette année. Les ventes aux États-Unis seront plus délicates lors du premier trimestre (...). Nous anticipons une amélioration aux États-Unis à mesure que l'année avance», a estimé M. Duke dans le communiqué.

Vers 10h20, le marché sanctionnait le titre à la Bourse de New York: il baissait de 1,68% dans un marché en hausse de 0,19%.