Le huard monte à temps pour les vacances

Poussé par les indications des dirigeants de la... (Photo Mark Blinch, Archives Reuters)

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Poussé par les indications des dirigeants de la Banque du Canada vers une hausse prochaine des taux d'intérêt, le dollar canadien atteignait les 77 cents US vendredi, un sommet au cours des neuf des derniers mois.

Photo Mark Blinch, Archives Reuters

André Dubuc
André Dubuc
La Presse

Poussé par les indications des dirigeants de la Banque du Canada vers une hausse prochaine des taux d'intérêt, le dollar canadien n'a jamais valu autant depuis neuf mois. Le huard atteignait les 77 cents US le vendredi 30 juin. C'est un gain de 4 cents par rapport au début de mai.

Une remontée qui tombe à point nommé pour les vacanciers qui s'apprêtent à prendre d'assaut les plages de la côte est américaine dans les prochains jours.

Les prévisionnistes s'attendent d'ailleurs à ce que la devise canadienne reste à ce niveau ou continue à avancer d'ici la fin de l'année, malgré la faiblesse des prix du pétrole. La devise canadienne est habituellement fortement corrélée aux prix du brut.

Les économistes de la Banque Nationale prévoient que le dollar canadien se situera dans une fourchette de 0,74 $US à 0,80 $US au cours des 12 prochains mois.

« On s'attend à ce que la deuxième moitié de l'année soit plutôt porteuse pour l'économie mondiale, explique Stéfane Marion, économiste en chef et stratège de la Banque Nationale. Dans ce contexte, le prix des denrées pourrait être mieux soutenu. Une meilleure performance des indices boursiers canadiens en deuxième moitié d'année, eux qui ont été les moins performants au premier semestre, pourrait soutenir la devise via des flux étrangers vers le dollar canadien », poursuit-il.

Le 4 mai, notre dollar valait 0,73 $US dans la foulée de la décote des banques canadiennes par l'agence Moody's.

QUE S'EST-IL PASSÉ DEPUIS MAI ?

L'économie canadienne se porte bien au point où le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz a déclaré dans une entrevue à CNBC mercredi dernier que la politique des bas taux d'intérêt avait porté ses fruits et que la capacité excédentaire de production au pays commençait à se résorber.

Une hausse des taux directeurs entraîne une hausse des taux obligataires de court terme, ce qui a pour effet d'augmenter la demande de dollars canadiens, notamment de la part d'investisseurs étrangers voulant profiter des meilleurs rendements sur les titres canadiens.

Outre la question des taux d'intérêt, la force du huard repose en partie sur la faiblesse du billet vert américain.

Les États-Unis, qui avaient annoncé les premiers en mars un resserrement de leur politique monétaire, se font rattraper par les autres pays occidentaux. Le différentiel des taux d'intérêt à court terme qui joue en faveur des États-Unis depuis ce temps et qui soutient leur devise tend donc à se résorber à mesure que les autres pays évoquent à leur tour la fin de la détente monétaire.

Qui plus est, les données sur la santé de l'économie des États-Unis sont partagées au moment où l'ampleur du stimulus budgétaire apparaît limitée à court terme.

Vendredi, Statistique Canada dévoilera des chiffres sur l'emploi en juin, une donnée précieuse sur l'état réel de l'économie. Si ceux-ci s'avèrent meilleurs que prévu, la Banque du Canada pourrait bien aller de l'avant avec une hausse de taux hâtive, bien que les chiffres sur l'inflation demeurent faibles.

Selon les économistes de la Banque TD, les probabilités que survienne une hausse des taux directeurs dès la prochaine rencontre de la Banque du Canada, le 12 juillet, s'élèvent à 80 %.

Pour sa part, M. Marion, de la Banque Nationale, s'attend à une première hausse des taux directeurs dès juillet, suivie d'une seconde en octobre.

En réaction, les taux sur les obligations du gouvernement du Canada de 5 et 10 ans ont augmenté de 25 points de base la semaine dernière, les portant à un sommet des trois derniers mois.

JUSQU'OÙ IRA LE HUARD ?

Pour les économistes de Desjardins, il faudrait que les prix du pétrole dépassent les 50 $US le baril pour voir le huard atteindre la barre des 0,80 $US. Le prix du baril a remonté à 45 $US depuis quelques jours, à la suite d'une baisse des stocks aux États-Unis.

Hier, le Brent se vendait 49,48 $US, tandis que le West Texas Intermediate se vendait 46,84 $US le baril, en hausse de près de 2 %.

140 $ de plus dans vos poches

Pour un budget de vacances de 2000 $US, l'amélioration du taux de change de 0,73 $US à 0,77 US$ entraîne une économie de 142 $, ou 5 %, pour l'estivant canadien qui s'aventure chez nos voisins du Sud. Il faut en effet 2739,73 $ pour acheter 2000 $US quand le huard vaut 0,73 $US, tandis qu'il en faut 2597,40 $ quand le taux de change s'établit à 0,77 $US. À noter que les taux en vigueur dans les bureaux de change sont toujours moins avantageux. La plupart des cartes de crédit imposent des frais de 2,5 % sur la conversion d'une transaction faite à l'étranger.




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