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Ottawa sonne l'alerte au vieillissement

Les analystes du ministère des Finances ne cachent... (PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, ARCHIVES LA PRESSE)

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Les analystes du ministère des Finances ne cachent pas leurs craintes des impacts qu'aura le vieillissement de la population canadienne sur les perspectives économiques du pays dans un document de breffage préparé à l'intention de l'ancien ministre Jim Flaherty.

PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, ARCHIVES LA PRESSE

(OTTAWA) Le ministère fédéral des Finances s'inquiète au plus haut point des conséquences économiques et fiscales du vieillissement de la population. Et si le gouvernement fédéral élabore ses propres politiques en fonction de ce phénomène inéluctable, il laisse entendre que les provinces ne sont peut-être pas assez prévoyantes à cet égard.

Les analystes du ministère des Finances ne cachent pas leurs craintes des impacts qu'aura le vieillissement de la population canadienne sur les perspectives économiques du pays dans un document de breffage préparé à l'intention de l'ancien ministre Jim Flaherty. Ce document lui a été remis en juillet 2013 dans la foulée du remaniement ministériel de mi-mandat effectué par le premier ministre Stephen Harper. La Presse a obtenu ce cahier de breffage en vertu de la Loi sur l'accès à l'information.

D'emblée, les analystes soutiennent que les perspectives économiques et fiscales à long terme seront grandement influencées par le vieillissement de la population.

Stagnation de la main-d'oeuvre

L'augmentation de la main-d'oeuvre a été à l'origine de la bonne tenue de l'économie canadienne comparativement aux autres pays du G7 au cours des dernières années. Mais cet avantage s'estompera au fur et à mesure que la moyenne d'âge de la population canadienne augmentera et que le renouvellement de la main-d'oeuvre stagnera.

«À long terme, les effets du vieillissement de la population commenceront à se faire sentir [...], ce qui veut dire que la croissance de l'économie, et la croissance des revenus disponibles des Canadiens, vont ralentir», affirme-t-on dans le document.

Quel remède peut-on utiliser pour contrer tout cela? Il faut, selon les bonzes du ministère des Finances, augmenter le taux de participation dans le monde du travail des personnes âgées, des immigrants nouvellement arrivés au pays, des autochtones et des personnes handicapées. Il faut aussi s'assurer de contrôler rigoureusement les dépenses du gouvernement, et adopter des politiques qui favoriseront la productivité et l'innovation. Enfin, des investissements dans la formation de la main-d'oeuvre sont aussi incontournables pour favoriser l'acquisition de compétences dans le cas des travailleurs moins éduqués.

«Le défi que représente le vieillissement de la population est aggravé si l'on tient compte de ses conséquences sur les perspectives économiques à long terme. Le vieillissement de la population entraînera une croissance économique plus lente et par conséquent une croissance des revenus moins élevée pour le gouvernement au moment même où des pressions sur les dépenses de l'État seront à la hausse, notamment pour ce qui est les programmes comme la santé et autres avantages consentis aux personnes âgées», peut-on lire dans le document.

Contrôle des dépenses de l'État

Ces inquiétudes expliquent pourquoi le gouvernement Harper a adopté une série de mesures pour contrôler les dépenses de l'État et est déterminé à venir à bout du déficit fédéral d'ici 2015. La décision de faire passer le seuil d'admissibilité au programme de Sécurité de la vieillesse de 65 à 67 ans à partir de 2023 en est un exemple. Tout comme l'est sa décision de lier à la croissance de l'économie la hausse des paiements de transfert aux provinces pour la santé à partir de 2018 au lieu de maintenir l'augmentation de 6% comme c'est le cas depuis quelques années.

Du côté de la formation de la main-d'oeuvre, le gouvernement Harper a remodelé le programme existant afin qu'il soit davantage axé sur les besoins dans les divers secteurs de l'économie.

«Cela dit, il n'existera pas beaucoup de marge de manoeuvre fiscale au-delà de 2017-2018 au niveau fédéral. Plusieurs gouvernements provinciaux pourraient être confrontés à une détérioration de leur situation fiscale s'ils ne prennent pas les moyens pour contrôler la hausse de leurs dépenses», peut-on aussi lire.

Sans les nommer, le ministère des Finances vise certainement l'Ontario et le Québec en lançant cet avertissement. Ces deux provinces éprouvent de la difficulté à juguler leur déficit respectif. Récemment, le ministre des Finances Joe Oliver a justement pressé ces deux provinces d'éliminer leur déficit le plus rapidement possible.

- Avec William Leclerc




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