Davantage de touristes pour une meilleure santé économique, voilà la conclusion d'une étude rendue publique aujourd'hui par Deloitte. Par la même occasion, la firme sonne l'alarme en affirmant que le secteur touristique canadien a perdu des plumes et a du mal à tirer son épingle du jeu sur la scène internationale.

Mis à jour le 14 nov. 2013
Nathaëlle Morissette LA PRESSE

«Même si le Canada demeure une "marque" reconnue et respectée dans les classements internationaux, nous réussissons moins bien à utiliser notre marque pour attirer des voyageurs, peut-on lire dans le document intitulé L'incidence des arrivées internationales sur les exportations canadiennes. En 1970, seule l'Italie dépassait le Canada comme destination internationale la plus populaire. En 1990, nous étions descendus au 10e rang et, en 2011, au 18e, derrière des pays comme l'Ukraine et l'Arabie saoudite. Depuis 2000, le nombre de voyageurs internationaux au Canada a chuté de 20%.»

Ainsi, selon Deloitte, une augmentation du nombre de voyageurs au pays «aurait pour effet de stimuler les exportations au cours des années subséquentes». Par exemple, une hausse de 1% de nombre de voyageurs débarquant au pays engendrerait une augmentation de 817 millions de dollars au titre des exportations canadiennes au cours des deux années suivantes.

«En ayant plus de visiteurs, ça fait plus de gens exposés à nos produits, à nos entreprises, explique Lucie Lazar, associée chez Deloitte, responsable, Biens à la consommation, pour la région du Québec. Ceux-ci sont ensuite plus susceptibles de générer une demande pour nos produits une fois rentrés chez eux.»

Autre élément à observer: «Si l'on néglige parfois l'incidence économique du tourisme, c'est parce que sa position parmi les principales industries canadiennes apparaît de façon moins évidente que celle d'autres secteurs», peut-on lire. Pourtant, si les dépenses directes des touristes augmentaient de 100 millions, une somme de 69 millions de dépenses indirectes serait également générée, estime Deloitte.

À l'échelle mondiale, les dépenses touristiques sont passées de 475 milliards US en 2000 à 1075 milliardsUS en 2012. Comment faire maintenant pour s'assurer que le Canada puisse avoir sa part du gâteau et faire partie de la liste des destinations incontournables?

Des billets d'avion chers

À ce chapitre, le rapport donne peu de solutions concrètes aux entreprises touristiques. Celles-ci sont simplement invitées à innover. Par contre, on interpelle le gouvernement canadien concernant les coûts élevés des billets d'avion vendus ici. Les impôts, les taxes et les coûts liés aux différentes mesures de sécurité qu'impose le gouvernement canadien aux aéroports auraient pour effet de faire gonfler les prix et, du coup, de faire fuir certains voyageurs.

On propose également à Ottawa de réduire les délais d'attente pour l'obtention d'un visa. Des voyageurs de plusieurs pays, comme le Mexique, doivent avoir en main un tel document pour atterrir ici. «Une solution consiste à moderniser la technologie pour réduire les délais et les demandes en attente», suggère-t-on.

Invité à réagir à l'étude, Greg Klassen, vice-président principal, stratégie de marketing et communications, de la Commission canadienne du tourisme, se réjouit de voir que le document fait un lien direct entre tourisme et économie. «Notre rôle est de continuer à vendre le Canada comme une destination incontournable.»

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LE TOURISME AU CANADA

2% du PIB national

22,7 milliards de recettes fiscales

600 000 emplois

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2,9%

Les achats de produits et services effectués par des visiteurs étrangers au Canada représentent 2,9% des exportations du pays.