Le niveau d'endettement des Canadiens continue d'augmenter, mais à un rythme moins rapide que dans le passé, indique le plus récent rapport de l'entreprise spécialisée Equifax Canada.

Mis à jour le 10 janv. 2012
LA PRESSE CANADIENNE

Le rapport sur les tendances nationales du crédit qui vient de paraître indique que le seul produit qui affiche une réduction des soldes pour l'année 2011 est celui des cartes de crédit.

La dette moyenne sur les cartes de crédit a ainsi diminué de 3,4% en 2011 par rapport au quatrième trimestre de 2010, précise Equifax Canada.

De façon générale, l'entreprise note une «amélioration marquée» dans les faillites des consommateurs en 2011, ainsi que pour les défaillances ou retards de paiement. Ces embellies suivent cependant des niveaux exceptionnellement élevés au cours des deux années précédentes.

Entre autres données, le nombre de faillites de consommateurs a diminué «de manière significative», souligne Equifax.

De même, les défaillances à 90 jours et plus pour tous les produits de crédit, sauf les hypothèques, ont diminué. Au plus fort de la récession, le taux avait atteint 1,8%; il est maintenant de 1,4%. Ces quelques dixièmes de point de pourcentage représentent tout de même une somme de 1,9 milliard, souligne Equifax Canada.

«Bien que cela semble être de bonnes nouvelles pour le Canada, le taux d'endettement élevé moyen des Canadiens reste préoccupant. La principale crainte est la façon dont l'économie canadienne pourrait réagir face à des marchés mondiaux perturbés», a commenté le vice-président aux services de consultation et d'analyse chez Equifax Canada, Nadim Abdo.

«Les Canadiens affichent des taux d'endettement élevés records, avec peu de marge de manoeuvre. S'il devait y avoir une autre crise financière, nous pouvons nous attendre à de sérieuses pertes sur défaillances et faillites», a prévenu M. Abdo.

À l'Union des consommateurs, le responsable des communications, Charles Tanguay, demeure très prudent. «On est loin d'une situation d'amélioration marquée. L'endettement demeure très élevé. On se réjouit du ralentissement de la croissance de l'endettement, mais il y a encore croissance de l'endettement», a-t-il souligné en entrevue.

Néanmoins, M. Tanguay se réjouit sur un aspect: «Il y a peut-être dans ça le signe que le message commence à porter sur le fait que les ménages endettés devraient chercher à réduire leur endettement. Il faut voir qu'il y a eu des mauvaises nouvelles économiques qui ont été martelées depuis plusieurs mois maintenant, voire quelques années, et c'est clair qu'il y a certainement des ménages que ça préoccupe et qui font des efforts actuellement pour réduire leur endettement. Donc ça paraît dans les chiffres.»

Les ACEF (Associations coopératives d'économie familiale), qui font de la consultation budgétaire auprès des ménages, voient un portrait plus sombre de l'endettement au Québec puisqu'elles ont affaire à des gens déjà surendettés, qui viennent chercher de l'aide.

En entrevue, la conseillère budgétaire de l'ACEF de l'Est de Montréal, Anne-Marie Millaire, affirme que les gens qu'elle voit en consultation sont encore confrontés à un endettement important et à un endettement sur plusieurs cartes de crédit.

«Je ne peux pas contredire le rapport, parce qu'on ne fait pas d'étude à ce sujet-là, nous. On ne fait que constater que les gens sont aux prises avec de l'endettement, qu'ils utilisent beaucoup leurs cartes de crédit, que leurs épargnes n'existent pas. Leur coussin de sécurité, c'est la marge de crédit ou la carte de crédit», résume-t-elle.

Mme Millaire prend toutefois la peine de préciser qu'à titre de conseillère budgétaire dans une ACEF, elle ne voit pas le consommateur moyen et le portrait global, mais la situation de celui qui a des problèmes d'endettement.