Aux prises avec des problèmes financiers majeurs, General Motors du Canada (gm) a décidé de fermer les portes d'un bon nombre de ses concessionnaires d'un bout à l'autre du pays. Et cette diminution sera, en proportion, encore plus importante au Québec.

Bernard Barbeau LA PRESSE CANADIENNE

Résultat: autour de 3000 emplois sont appelés à disparaître dans la Belle Province.

Des lettres annonçant la fin de leurs relations d'affaires devaient être expédiées dans la journée à 245 des 709 concessionnaires que GM Canada compte d'un océan à l'autre, soit 35 pour cent de l'ensemble, a précisé mercredi le directeur des relations publiques, Stew Low.

Au Québec, 70 concessionnaires sur 148, soit 47 pour cent, devaient en recevoir un exemplaire.

C'est en octobre 2010 qu'arriveront à échéance les contrats de franchise, sonnant du même coup le glas de dizaines d'entreprises.

Et encore davantage de détaillants sont censés disparaître un peu partout au Canada d'ici là. M. Low a dit s'attendre à ce que certains acquièrent eux-mêmes des compétiteurs.

La Corporation des associations de détaillants d'automobiles (CADA) s'inquiète de cette situation.

«Les implications économiques sont évidemment énormes, a indiqué Michael Hatch, économiste en chef à la CADA. Les gens regardent le secteur automobile et pensent parfois que tout ça s'arrête à Detroit, Windsor et Oshawa, mais tout le monde sait qu'il y a des concessionnaires dans presque toutes les municipalités.»

«Ce n'est pas une grosse surprise qu'ils aillent dans ce sens-là», a noté de son côté Renée Cardinal, directrice des communications de la Corporation des concessionnaires d'automobiles de Montréal (CCAM). La nouvelle n'en fait pas moins mal, a-t-elle reconnu.

«Quand même, les ventes vont bien au Québec, a remarqué Mme Cardinal. C'est la province où la remontée se fait le plus rapidement et de la façon la plus concrète.»

Le réseau de marchands de GM Canada emploie quelque 33 000 personnes. Les différents marchands comptent en moyenne entre 40 et 50 employés.

Dans un communiqué de presse, le constructeur a expliqué qu'à la demande du gouvernement fédéral et de celui de l'Ontario, il a décidé d'accélérer sa restructuration et de présenter un plan de relance - comprenant une réduction de son réseau de concessionnaires - plus vigoureux que celui qu'il avait soumis le 27 avril dernier.

GM Canada a précisé que ses concessionnaires allaient être informés dans la journée des détails de cette mesure de rationalisation. M. Low a ajouté que la liste des détaillants visés ne serait pas rendue publique.

«Nous n'avons pas encore de liste finale, a-t-il soutenu. Nous y travaillons toujours.»

Mais on peut s'attendre à ce que les moins performants soient ceux qui tombent sous le couperet.

«Ce serait logique», a opiné Renée Cardinal, selon qui les concessionnaires concernés s'attendaient sans doute à recevoir la lettre du constructeur.

«J'imagine qu'ils ont déjà commencé à y penser, a-t-elle dit. Ce n'est pas comme si ça n'avait pas déjà été discuté. Ils ont des plans A, des plans B, des plans C. Ceux qui ne sont pas touchés vont se dire que GM fait ce qu'il faut pour se réorganiser.»

GM Canada compte réaliser cette rationalisation principalement dans ses marchés urbains (Toronto, Montréal et Vancouver) afin de conserver un réseau viable. La compagnie estime qu'à la fin du processus, son réseau de concessionnaires sera plus concurrentiel, avec des volumes de ventes plus élevés.