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Burger King achète Tim Hortons pour 12 milliards

Tim Hortons et Burger King continueront à fonctionner en... (Photo Sean Kilpatrick, PC)

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Tim Hortons et Burger King continueront à fonctionner en tant que bannières indépendantes mais formeront ensemble la troisième chaîne de restauration rapide en importance de la planète.

Photo Sean Kilpatrick, PC

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Sophie ESTIENNE
Agence France-Presse
NEW YORK

La chaîne américaine de hamburgers Burger King (BKW) va avaler les cafés Tim Hortons (T.THI) pour créer un nouveau géant de la restauration rapide, une transaction censée permettre à la fois de réduire son ardoise fiscale et d'augmenter ses perspectives de croissance.

La chaîne américaine de hamburgers Burger King va avaler les cafés canadiens Tim Hortons pour créer un nouveau géant de la restauration rapide, une transaction censée accélérer sa croissance, mais dont les implications fiscales font polémique aux États-Unis.

Burger King va payer environ 11,4 milliards de dollars en numéraire et en actions pour Tim Hortons, sur la base des cours de clôture de lundi soir, ont annoncé mardi les deux groupes.

Cela constituera «le troisième plus grand groupe mondial de restauration rapide» en termes de ventes, derrière McDonald's et le groupe Yum! (propriétaire de Pizza Hut, Taco Bell et Kentucky Fried Chicken), fait valoir leur communiqué commun.

Un classement récent du magazine spécialisé QSR comparant les chaînes individuelles plaçait Burger King en cinquième position. McDonald's arrivait premier, suivi par la chaîne de sandwichs Subway, les cafés Starbucks et les hamburgers Wendy's (maison-mère de Tim Hortons entre 1995 et 2006).

Après le bouclage de la transaction, prévu fin 2014/début 2015, les deux chaînes continueront d'opérer séparément, mais sous l'ombrelle d'une holding basée au Canada, dont l'actionnaire majoritaire de Burger King, le fonds brésilien 3G Capital Management, détiendra 51%. Le reste des actions sera coté à New York et à Toronto.

«Avec environ 23 milliards de dollars de ventes, plus de 18 000 restaurants dans 100 pays et deux marques solides, prospères et indépendantes, la nouvelle entreprise aura une large présence internationale et un important potentiel de croissance», font valoir Burger King et Tim Hortons.

«Ce n'est pas une opération motivée par les impôts», mais «une transaction stratégique», a martelé aux journalistes et aux analystes le président du conseil d'administration de Burger King, Alex Behring.

Une série d'entreprises américaines, en particulier dans le secteur pharmaceutique, ont créé la polémique en achetant récemment des sociétés en Europe afin de se délocaliser dans un pays à la fiscalité moins élevée que les États-Unis. Washington n'exclut pas de légiférer pour inverser la tendance.

Dans ce contexte, l'implantation du siège du nouveau poids lourd de la restauration rapide au Canada fait débat, au point de susciter des appels d'Américains au boycottage de Burger King sur Facebook.

Certains observateurs relèvent aussi le côté paradoxal d'avoir le milliardaire Warren Buffett, qui a pris position dans le passé pour une augmentation des impôts des riches Américains, financer en partie l'opération via sa holding Berkshire Hathaway. L'investisseur a toutefois assuré au Financial Times que l'opération était surtout structurée pour ne pas froisser des susceptibilités au Canada, où Tim Hortons est un symbole national.

«Pas d'économies fiscales significatives»

La direction de Burger King fait valoir que le Canada sera «le plus grand marché» du nouvel ensemble et que Burger King «continuera de payer ses impôts» sur son chiffre d'affaires réalisé aux États-Unis.

Son directeur général Daniel Schwartz a assuré qu'il n'y aurait «pas d'économies fiscales significatives» suite à la transaction. Le taux d'imposition des entreprises aux États-Unis est officiellement de 35%, contre 26,5% dans l'Ontario où est basé Tim Hortons, mais Burger King affichait l'an dernier un taux effectif de seulement 27,5%, relèvent d'ailleurs des analystes.

M. Behring dit en revanche vouloir «créer de la valeur en accélérant l'expansion internationale des deux marques».

Tim Hortons, marque co-fondée par un joueur de hockey sur glace canadien dans les années 1960, pourrait notamment profiter de l'expérience et du réseau de Burger King, beaucoup plus présent que lui en dehors de l'Amérique du Nord.

La société d'investissement Miller Tabak souligne que la fusion permettra à l'enseigne canadienne d'accéder «à un éventail plus large de partenaires aux États-Unis», tandis que Burger King y gagnera «un produit compétitif de café pouvant potentiellement être ajouté à plus de 7400 restaurants en Amérique du Nord».

Les experts du gestionnaire de fonds Raymond James soulignent eux aussi que «le petit déjeuner est le segment qui croit le plus vite» actuellement dans le secteur de la restauration rapide, d'où l'intérêt de s'adjoindre une marque reconnue pour son café.

L'action de Tim Hortons a avancé mardi de 6,68 $, soit 8,1%, à 88,71 $ à la Bourse de Toronto, tandis que celle de Burger King (NYSE:BKW) a retraité de 1,40 $ US, ou 4,3%, à 31 $ US. Les deux titres avaient grimpé lundi d'environ 20%, après que l'existence des négociations entre les deux sociétés eut été confirmée.f

Le Canada ne s'éloignera pas des É.-U., dit Oliver

Le ministre fédéral des Finances, Joe Oliver, affirme que la prise de contrôle de Tim Hortons par la chaîne américaine de restaurants à service rapide Burger King n'éloignera pas le Canada de son plus important partenaire commercial.

Le siège social de la nouvelle société se trouvera au Canada, ce qui, selon certains observateurs, pourrait permettre à Burger King de payer moins d'impôts.

Le président américain Barack Obama a pointé du doigt les entreprises américaines qui s'installent à l'étranger dans le but de réduire leurs impôts sur le revenu des sociétés.

Néanmoins, le président exécutif de Burger King, Alex Behring, a affirmé que l'entreprise ne s'attendait pas à une baisse significative de son taux d'imposition.

Lors d'une conférence de presse subséquente à un entretien avec des gens d'affaires du secteur des sciences et de la technologie, mardi, M. Oliver a fait l'éloge du climat commercial amélioré au Canada.

«Les États-Unis sont une économie hautement concurrentielle et nous avons le droit de déterminer notre propre politique fiscale», a déclaré le ministre.

«Nous croyons que cela a été un geste révélateur préparé afin de garder des capitaux au pays, ce qui donne lieu à plus d'expansion commerciale et d'emploi», a-t-il ajouté.




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