La Stratégie québécoise des sciences de la vie 2022-2025 a été présentée, jeudi, par le ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon, lors de l’évènement Effervescence, qui réunissait des acteurs du milieu. Québec alloue 211 millions de dollars de crédits budgétaires qui devraient générer des investissements de près de 2 milliards de dollars.

Publié le 12 mai
Isabelle Dubé
Isabelle Dubé La Presse

Après avoir été mis de côté pendant des années, le caractère stratégique des sciences de la vie pour l’économie du Québec a été confirmé avec la pandémie. Comme prévu dans son budget de mars dernier, le gouvernement a renouvelé la Stratégie québécoise des sciences de la vie, lancée en 2017.

« Dans certains créneaux stratégiques comme les sciences de la vie, on ne veut pas dépendre d’un avion qui n’arrivera pas de Chine un jour », a affirmé M. Fitzgibbon lors d’une rencontre avec les médias.

Cette stratégie en cinq axes sera d’ailleurs primordiale pour la réalisation du Plan santé annoncé en mars par le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé.

« M. Dubé à la santé a des enjeux importants à régler. L’innovation va être une partie prenante [afin] de résoudre les problèmes, a expliqué M. Fitzgibbon. On parle, par exemple, de technologie pour le triage à l’urgence, la compagnie très connue Dialogue, qu’on utilise maintenant. Nous, ici, à l’Économie, notre rôle, c’est de trouver des innovations qui feront dire au ministère de la Santé et des Services sociaux : j’en ai besoin pour résoudre mes problèmes. »

Les 211 millions de crédits budgétaires

Le gouvernement alloue 211 millions de dollars de crédits budgétaires au secteur des sciences de la vie, qui entreront dans les dépenses du gouvernement, soutient le ministre de l’Économie.

« Quand on regarde l’effet de levier, les 211 millions dans les cinq axes vont représenter 570 millions d’interventions financières du gouvernement, et ce montant-là, vu qu’on ne finance pas 100 %, va peut-être être 2 milliards. »

Parmi les cinq axes d’intervention dont il est question, Québec souhaite développer le capital humain, attirer les talents, soutenir la création et la croissance d’entreprises innovatrices, attirer et concrétiser des projets d’investissement ainsi que stimuler la commercialisation des innovations.

Pour élaborer son plan, le Ministère a consulté les acteurs de l’écosystème, que ce soit des multinationales, des PME, de jeunes pousses, des établissements d’enseignement supérieur, des établissements de santé et de services sociaux, des organismes ou d’autres ministères. Plus d’une vingtaine de mémoires ont été reçus.

L’accès difficile aux appels d’offres publics

Certaines innovations québécoises n’arrivent pas à intégrer le système de santé québécois lors des appels d’offres publics. Questionné à ce sujet, le ministre de l’Économie dit tenter de trouver un équilibre, « une zone tampon où les critères qualitatifs pourraient faire en sorte qu’un produit qui n’est pas nécessairement moins cher » aurait un avantage, par exemple, pour la maintenance ou le service à la clientèle.

« Mais à cause des contraintes de coûts, à cause des objectifs à l’époque de réduire les déficits, le réflexe était de dire : si c’est moins cher et c’est une compagnie crédible, on prend ça, on ne se trompera pas. Là, on est rendus ailleurs, et Mme Labelle, sa responsabilité, c’est de dire : il ne faut pas aller à l’extrême non plus, il ne faut pas acheter québécois seulement et payer 30 % plus cher parce qu’en bout de piste, on va se retrouver dans la même situation qu’il y a 15 ans. »

La Stratégie des sciences de la vie lancée en 2017 prévoyait attirer des investissements de 4 milliards du secteur privé au Québec d’ici 2022. Le ministre a confirmé que cette somme a été atteinte.

Le secteur des sciences de la vie regroupe près de 715 entreprises, qui emploient 36 930 personnes au Québec.