(Ottawa) Le nombre historiquement élevé de femmes dans la population active du pays reste inférieur à ce qu’il aurait été si la pandémie de COVID-19 n’avait jamais eu lieu, conclut un nouveau rapport qui met en lumière certains aspects qui pourraient intéresser les décideurs politiques.

Mis à jour le 17 mars
Jordan Press La Presse Canadienne

Selon le document du Conseil de l’information sur le marché du travail (CIMT), l’emploi des femmes est inférieur de près de 1 % à ce qu’il aurait pu être si la pandémie n’avait pas modifié la trajectoire de l’économie.

Chez les hommes, les niveaux d’emploi sont inférieurs d’environ 0,5 % à ce qu’ils auraient pu être si le marché du travail avait suivi la trajectoire de sa moyenne historique au cours de la décennie qui a précédé la COVID-19.

Le rapport du CIMT insiste sur ces chiffres, notamment, pour suggérer que le rebond de l’emploi chez les femmes pourrait être légèrement plus faible que ne le suggèrent les données à ce sujet.

Dans son rapport sur le marché du travail pour le mois de février, Statistique Canada a montré que l’emploi des femmes avait augmenté d’environ 178 000 postes, ce qui était supérieur de 2 % aux niveaux enregistrés en février 2020.

Pour les hommes, le nombre d’emplois était légèrement supérieur à 192 000, soit environ 1,9 % au-dessus des niveaux prépandémiques enregistrés le même mois deux ans plus tôt. Les gains pour les femmes se sont concentrés dans les professions à revenu moyen et élevé, une augmentation plus lente étant observée dans les emplois moins bien rémunérés.

Behnoush Amery, économiste principale au CIMT, a affirmé que certains travailleurs étaient peut-être passés d’un travail en grande partie à temps partiel à un emploi à temps plein et à un meilleur salaire, mais que de nombreuses travailleuses à faible salaire avaient peut-être quitté complètement la population active.

La reprise pour les jeunes travailleurs a été plus lente que pour ceux du principal groupe d’âge actif, de 25 à 54 ans, a précisé Mme Amery. Cela pourrait se traduire par une baisse des revenus et des opportunités à long terme pour les jeunes travailleuses qui ont raté des occasions d’acquérir une expérience professionnelle et de développer leurs compétences.

Le rebond a également été lent pour les travailleuses plus âgées, dont certaines ont peut-être opté pour une retraite anticipée.

Mme Amery a noté qu’il pourrait y avoir des impacts économiques à court et à long terme en l’absence d’une aide ciblée aux deux générations différentes de travailleurs.

« Ces groupes ont encore besoin de soutien pour une reprise et, plus important encore, pour une reprise durable », a-t-elle expliqué.

« Si les jeunes d’aujourd’hui, en particulier les jeunes femmes, ne profitent pas de la remarquable reprise du marché du travail, ils ratent l’occasion d’acquérir une expérience de travail et de développer les compétences dont ils auront besoin pour leur développement professionnel ultérieur. »

Le rapport sur l’emploi de Statistique Canada a également montré que la part des femmes d’âge moyen ayant un emploi a atteint un niveau record le mois dernier. Chez les hommes, ce taux a atteint son plus haut niveau depuis 1989.

Les taux de participation étaient tout aussi élevés. Cependant, Mme Amery a noté que le taux de participation des mères restait inférieur à celui des pères, ce qui signale des problèmes systémiques de longue date et témoigne des attentes culturelles concernant les responsabilités liées aux enfants.