(Washington) La croissance du secteur manufacturier aux États-Unis a de nouveau été moins forte que prévu en juillet, ralentissant pour le deuxième mois d’affilée à cause des difficultés d’approvisionnement qui empêchent les industriels de répondre à la demande.

Agence France-Presse

L’indice s’est établi à 59,5 %, contre 60,6 % le mois précédent, selon l’indice ISM des directeurs d’achat publié lundi, décevant les analystes qui s’attendaient à une très légère accélération de la croissance, à 60,7 %.

Il s’agit cependant du 14e mois de croissance d’affilée.

L’activité est en croissance lorsque l’indice est supérieur à 50 %, se contracte lorsqu’il est inférieur. Ainsi, un indice supérieur à 50 %, mais en recul par rapport au mois précédent, signifie que l’activité a continué à croître, mais à un rythme moins soutenu.

Les responsables qui ont répondu à cette enquête « ont signalé que leurs entreprises et leurs fournisseurs continuent de lutter pour répondre aux niveaux de demande croissants », a commenté le responsable de l’enquête ISM, Timothy Fiore, dans le communiqué.

Il a relevé que « tous les segments de l’économie manufacturière sont touchés par des délais de livraison des matières premières presque record, des pénuries continues de matières premières essentielles, la hausse des prix des matières premières et des difficultés de transport des produits ».

Et beaucoup d’entreprises du secteur font face à des difficultés de recrutement ou des problèmes d’absentéisme, ainsi qu’à des mises à l’arrêt provisoires des chaînes de production en raison des pénuries de pièces détachées, a-t-il ajouté, « limitant le potentiel de croissance de l’industrie ».

À noter que l’indice mesurant les prix recule, après avoir atteint en juin son plus haut depuis 42 ans. Il est désormais de 85,7 % (-6,4 points).

Ce nouveau signe de ralentissement de la hausse des prix va dans le sens de ce que pensent de nombreux économistes, qui estiment que l’inflation va rester élevée aux États-Unis jusqu’à la fin de l’année, puis ralentir.

Elle est d’ailleurs restée stable en juin par rapport à mai, à +4 % sur un an, pour la première fois depuis des mois, selon l’indice PCE.

Le président de la Banque centrale américaine (Fed), Jerome Powell, mais aussi le FMI, qui assure depuis des mois que cette inflation ne devrait être que temporaire, avaient pourtant mis en garde la semaine passée sur le fait qu’elle pourrait être plus forte et durable que prévu.