(Mexico) Les États-Unis ont fait part mercredi de leurs préoccupations concernant les réformes énergétiques prévues par le président mexicain Andres Manuel Lopez Obrador.

Agence France-Presse

« Nous surveillons de très près les politiques énergétiques discutées et envisagées par l’administration Lopez Obrador », a déclaré à la presse la représentante américaine au commerce, Katherine Tai après des entretiens à Mexico avec la secrétaire mexicaine à l’économie, Tatiana Clouthier, et la ministre canadienne du Commerce, Mary Ng.

« Nous faisons part de nos préoccupations. Nous sommes ici pour nous engager et nous allons explorer les possibilités de répondre à nos préoccupations », a-t-elle souligné.

Mme Tai a éludé la question de savoir si le Mexique était en infraction avec l’accord États-Unis-Mexique-Canada (AEUMC) à la suite de sa récente décision de confier au géant public mexicain Pemex l’exploitation d’un important champ pétrolier en mer.

Les réformes prévues par M. Lopez Obrador ont provoqué des mises en garde, le Mexique risquant de violer ses engagements commerciaux en favorisant Pemex et la Commission fédérale de l’électricité, une entreprise elle aussi publique.

En mars, un juge mexicain avait suspendu les réformes prévues dans le secteur de l’énergie qui, selon les critiques, favorisaient injustement les combustibles fossiles au détriment des énergies renouvelables produites par des entreprises privées.

Près de deux mois plus tard, un juge avait suspendu une réforme de la loi sur les hydrocarbures visant à renforcer la participation de l’État dans le secteur de l’énergie, estimant qu’elle constituait une menace pour la libre concurrence.

Selon M. Lopez Obrador, ces réformes sont nécessaires pour empêcher l’augmentation des prix de l’électricité.

L’AEUMC est entré en vigueur le 1er juillet 2020, remplaçant l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) de 1994.

Depuis, des querelles ont opposé les États-Unis et le Canada sur les industries du lait et du bois.

Washington a également invoqué à deux reprises les mécanismes de règlement des différends de l’AEUMC pour demander à Mexico d’enquêter sur des violations des droits syndicaux dans le secteur automobile, notamment dans une usine de General Motors.