Résultat de l’explosion du prix des résidences, les premiers acheteurs ont vécu plus d’anxiété par crainte de ne pas disposer d’une mise de fonds suffisante. Ils sont ainsi 63 % à Montréal à avoir eu cette inquiétude, soit 3 % de plus que l’année précédente, selon un sondage Recherches Environics qui sera publié ce vendredi matin.

Karim Benessaieh
Karim Benessaieh La Presse

Ce sentiment est ressenti partout au Canada, où 62 % des répondants ont dit avoir été « très inquiets » ou « un peu inquiets ». Il s’agit d’une hausse de cinq points par rapport à l’an dernier.

« Ce qu’on ressent davantage cette année, c’est que les gens sont inquiets de ne pas être capables d’acheter, indique Geneviève Langevin, du groupe Langevin Immobilier au sein de Royal LePage Altitude. Il y a plus d’offres multiples, ça va vite, les acheteurs enlèvent des conditions dans les offres d’achat. »

Mises de fonds plus importantes

Dans ce sondage publié par l’assureur de prêts hypothécaires Sagen en collaboration avec Royal LePage, on a en fait demandé à 909 personnes de 25 à 40 ans qui ont acheté leur première résidence dans les deux dernières années à quel point elles s’étaient inquiétées de rater l’occasion en raison d’une mise de fonds insuffisante.

La surchauffe immobilière a un effet pervers pour les acheteurs, particulièrement lourd pour ceux qui en sont à leur première transaction : la mise de fonds peut dépasser 25 % en cas de surenchère, si l’institution financière estime que le prix payé est supérieur à la valeur marchande.

Nous, comme courtiers, quand on regarde les 20 offres, oui, il y a le prix, mais il y a aussi la capacité financière de l’acheteur.

Geneviève Langevin, du groupe Langevin Immobilier au sein de Royal LePage Altitude

Le Québec moins touché

Les réponses au sondage Recherches Environics reflètent assez fidèlement, du point de vue géographique, la flambée des prix. Au Canada, c’est à Toronto (75 %) et à Vancouver (69 %) que l’on constate le plus d’anxiété à ce sujet. Si on compare les provinces, ce sont la Colombie-Britannique (71 %) et l’Ontario (70 %) qui mènent à ce chapitre.

Les premiers acheteurs québécois sont un peu moins touchés que ceux du reste du pays, avec 56 % de répondants qui se sont dits très inquiets ou un peu inquiets.

Le sondage a par ailleurs dressé un portrait de ces premiers acheteurs. C’est à Montréal qu’on retrouve le plus haut taux d’anciens locataires qui ont accédé à la propriété, soit 72 %, devant Vancouver (65 %) et Toronto (64 %). Le taux à Montréal est exactement dans la moyenne québécoise. À l’échelle du pays, c’est en Saskatchewan et au Manitoba que l’on retrouve le plus haut taux d’anciens locataires nouvellement propriétaires, soit 80 %.

Acheteurs tenaces

Par ailleurs, un premier acheteur montréalais sur cinq, 21 % plus précisément, vivait avec ses parents ou un membre de sa famille avant d’acheter sa première résidence. Ce taux est de 22 % pour le Québec, et de 25 % pour l’ensemble du Canada. C’est en Ontario qu’on retrouve le plus de jeunes acheteurs qui n’avaient pas quitté le nid familial avant de devenir propriétaires, soit 31 %.

On note par ailleurs qu’à l’échelle du pays, 48 % de ceux qui vivaient avec un membre de leur famille ne payaient pas de loyer.

Geneviève Langevin souligne que, même bousculés et malgré un nombre de résidences en vente réduit, les premiers acheteurs montréalais ont tendance à vouloir rester dans leur ville. « J’ai vu un peu d’exode vers la Rive-Sud ou l’Estrie, mais en général, les gens aiment rester près de l’endroit où ils étaient. Et ils continuent à acheter malgré tout, ils ne lâchent pas prise, même si ça fait cinq offres qu’ils font. »