(Pékin) L’Union européenne ne veut pas « d’escalade » avec la Chine, après les sanctions mutuelles prises au sujet de la minorité chinoise des Ouïghours, a assuré vendredi l’ambassadeur de l’UE en Chine.

Agence France-Presse

En mars dernier, les Européens ont sanctionné des responsables chinois accusés de réprimer les musulmans du Xinjiang. Pékin a répliqué en sanctionnant des personnalités européennes, dont des membres du Parlement de Strasbourg.

Cette controverse semble mettre en péril la ratification de l’accord sur l’investissement sino-européen conclu fin 2020, mais l’ambassadeur Nicolas Chapuis s’est voulu optimiste lors d’une conférence de presse.

« Nous ne cherchons pas d’escalade, mais rien n’empêchera l’UE de dire ce qu’elle veut, où que ce soit dans le monde », a-t-il lancé.

En dépit des tensions, les contacts de haut niveau se poursuivent entre la Chine et les États membres de l’UE et Pékin « semble vouloir continuer le dialogue », a relevé l’ambassadeur.

À propos de l’accord sur l’investissement, il a reconnu que les sanctions chinoises contre des parlementaires européens n’aidaient pas à la ratification. Mais il a indiqué que les travaux se poursuivaient avec le ministère chinois du Commerce sur la rédaction du texte final du traité, qui pourrait être soumis au Parlement en fin d’année ou en début d’année prochaine.

Le président de la Chambre de commerce européenne en Chine, Jeorg Wuttke, chaud partisan de l’accord sur l’investissement, s’est toutefois montré vendredi moins optimiste.

L’accord « ne se concrétisera pas avant longtemps », a-t-il reconnu lors d’une autre conférence de presse.  

En visant des députés européens, le régime communiste a, selon lui, porté un coup « disproportionné » au texte.

« Il est clair que le Parlement européen ne fera rien pour se saisir de cet accord sur l’investissement tant que les sanctions (chinoises) ne seront pas levées », a-t-il estimé.  

M. Wuttke a fait part de sa préoccupation après la polémique qui a visé en mars des entreprises comme le Suédois H & M, boycotté en Chine pour s’être engagé à ne pas acheter de coton du Xinjiang où des Ouïghours sont soumis à du travail forcé, d’après des organisations de défense des droits de l’homme.

Les entreprises européennes sont prises « entre le marteau et l’enclume » et il leur est « difficile de manœuvrer dans cette situation », a-t-il déploré.