(Washington) Le gigantesque plan de soutien à l’économie voulu par Joe Biden, d’un montant de 1900 milliards de dollars, sera soumis vendredi à un vote à la Chambre des représentants, où il a de fortes chances d’être approuvé par la majorité démocrate.  

Agence France-Presse

Les négociations se poursuivaient toutefois mercredi au Sénat sur certains points épineux, dont la hausse du salaire minimum horaire à 15 dollars.  

La teneur du texte final qui pourrait être approuvé dans les prochains jours par le Congrès restait donc incertaine, de profondes divisions séparant encore républicains et démocrates.  

Face aux ravages économiques de la COVID-19, le temps presse pourtant, selon plusieurs dizaines de patrons des plus grandes entreprises américaines, de Goldman Sachs à Apple en passant par General Motors, qui ont appelé mercredi le Congrès à adopter rapidement ce nouveau plan de soutien.  

Le chef de la majorité démocrate à la Chambre, Steny Hoyer, a affirmé de son côté mercredi en conférence de presse qu’il soumettrait « le Plan de sauvetage américain (“American Rescue Plan”) à un vote en séance plénière ce vendredi ». Le texte a de grandes chances d’y être approuvé compte tenu de la majorité démocrate.

Le parti de Joe Biden dispose d’une très courte majorité au Sénat : avec 50 sièges contre 50 sénateurs républicains, les démocrates peuvent compter sur le vote de la vice-présidente Kamala Harris en cas d’égalité.

Mais ils devraient d’ordinaire rassembler au moins 60 voix pour approuver un texte de l’envergure de ce plan massif de relance. Afin de limiter les possibilités de blocages par les républicains, les démocrates ont donc adopté début février une motion qui doit leur permettre d’approuver le plan à la majorité simple.  

À condition toutefois que le texte respecte des règles très strictes, et parfois obscures. Mercredi, la « Parlementarian » du Sénat, gardienne des procédures de la chambre haute, étudiait donc en coulisses le détail du plan pour déterminer si certains points clés, dont la hausse du salaire minimum, pourront figurer dans le texte.  

En présentant son plan de 1900 milliards le 14 janvier, Joe Biden avait indiqué qu’il souhaitait le faire adopter d’ici début février.  

PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE

James P. Gorman, président du conseil et chef de la direction de Morgan Stanley.

Dans une lettre adressée mercredi aux responsables démocrates et républicains du Congrès et initiée par l’association Partnership for New York City, plus de 150 dirigeants ont appelé à l’adoption d’une loi « immédiate et de grande ampleur pour faire face aux crises sanitaire et économique déclenchées par la pandémie de COVID-19 ».

Business Roundtable, qui rassemble les plus grandes entreprises du pays, a dans une lettre distincte mardi appelé à « la promulgation rapide d’un plan de sauvetage supplémentaire ».  

Alors que Joe Biden a inscrit dans son plan de sauvetage le doublement du salaire minimum à 15 dollars de l’heure d’ici 2025, Business Roundtable estime que « l’augmentation doit être soigneusement soupesée afin de refléter les différences régionales des niveaux de salaire et ne pas nuire à la reprise des petites entreprises ».