(Bordeaux) La vente de vins du Bordelais a reculé de 5 % en volume en 2020 sous l’effet notamment de la pandémie de COVID-19, mais le Conseil interprofessionnel des vins de Bordeaux (CIVB) relève « des indicateurs encourageants » pour les derniers mois de 2020, particulièrement à l’exportation.  

Publié le 12 févr. 2021
Agence France-Presse

Avec 3,92 millions d’hectolitres de vins vendus, soit l’équivalent de 522 millions de bouteilles, Bordeaux s’inscrit dans une troisième année de baisse, selon des chiffres communiqués vendredi à l’AFP par le CIVB.

L’effet de la pandémie de COVID-19 s’ajoute aux raisons structurelles qui handicapent les vins de Bordeaux depuis quelques années (baisse du marché chinois, moindre appétence du consommateur pour le vin rouge — 84 % de la production bordelaise — et baisse de fréquentation des grandes surfaces au profit des petits points de vente).

Celle-ci a fortement touché les restaurants, les bars et l’événementiel et a perturbé les exportations, sans compter l’application de taxes par l’administration Trump aux États-Unis, la crise politique à Hong Kong et les incertitudes de dernière minute autour du Brexit.

La contraction des ventes en grandes et moyennes surfaces, où le vignoble bordelais écoule la majorité de ses bouteilles commercialisées en France, est de 4 % en 2020, avec 142 millions d’unités. Le CIVB l’impute notamment au fait que les Français, qui ont moins eu l’occasion de faire la fête à cause des restrictions sanitaires se sont tournés « vers des produits moins valorisés, au détriment des vins d’appellation ». Le Bordelais est le premier vignoble d’appellation contrôlée en France.

232 millions de bouteilles exportées

À l’exportation, les vins de Bordeaux connaissent en 2020 un fléchissement limité à 3 % en volume (1,73 million d’hectolitres soit 232 millions de bouteilles), notamment grâce à de bons chiffres sur les trois derniers mois de l’année (+13 % en volume), que le CIVB décrit comme un « signe positif de reprise ».

L’interprofession place notamment de « fortes attentes » sur ses principaux marchés à l’exportation, la Chine, un pays qui a réduit de 30 % ses importations de vin, toutes origines confondues, en 2020 à cause de la pandémie, et les États-Unis.

Sur un an, le marché chinois s’inscrit à la baisse (-13 % en volume), mais le dernier trimestre est prometteur (+18 %) et l’application récente par la Chine de lourdes sanctions antidumping sur le vin australien pourrait jouer en faveur des vins de Bordeaux en 2021.

Aux États-Unis, le rebond du dernier trimestre est plus net encore : + 29 % et l’arrivée de la nouvelle administration Biden permet d’espérer une possible suspension ou un allègement des taxes Trump.

Début janvier, le président du CIVB Bernard Farges disait s’attendre à un « rebond fort » en 2021 après deux « très mauvaises années » 2019 et 2020.