(Washington) Les inscriptions hebdomadaires au chômage ont été plus fortes que prévu la semaine dernière et si elles diminuent, ce n’est que parce que le nombre de la semaine précédente a été révisé en forte hausse, selon les données du département du Travail publiées jeudi.

Mis à jour le 11 févr. 2021
Agence France-Presse

Du 31 janvier au 6 février, 793 000 personnes se sont inscrites au chômage, c’est plus que les 750 000 estimé par les analystes.  

Mais le ministère fait état d’une baisse de 19 000 demandes après avoir révisé en hausse le nombre d’inscriptions au chômage de la semaine précédente, pour le porter à 812 000 contre 779 000 initialement publié.

Ces nouveaux chiffres devraient conforter l’administration Biden à maintenir le cap pour faire adopter au Congrès son gigantesque plan d’aides d’urgence de 1900 milliards de dollars, en dépit de vents contraires émanant du camp républicain.

D’autant que sur quatre semaines, si la tendance est à la baisse, le nombre reste toujours très élevé avec une moyenne de 823 000 demandes (-33 500 comparé aux quatre semaines précédentes), a détaillé le département du Travail dans un communiqué.

« Dans la bonne direction »

Par ailleurs, le nombre total de bénéficiaires d’une aide pour le chômage ou liée à la perte de revenus a fait un bond passant de 17,8 millions à 20,4 millions pour la semaine s’achevant le 23 janvier, témoignant du nombre de personnes qui ont besoin d’une aide immédiate.

De nombreuses aides gouvernementales exceptionnelles avaient été arrêtées au lendemain de Noël avant qu’un nouveau plan d’aide de 900 milliards ne soit voté, permettant à des millions de personnes de faire une nouvelle demande en janvier.

« Nous pensons que la tendance sous-jacente est désormais un peu en dessous de 800 000 (inscriptions hebdomadaires), et que le danger d’une nouvelle forte augmentation est passé », estime toutefois Ian Shepherdson, chef économiste chez Pantheon Macroeconomics.

Ces inscriptions avaient fait un bond en janvier, pour se hisser à 926 000, au moment où le cas d’infections par la COVID-19 continuait de grimper, ne permettant pas de relâcher les restrictions locales.

Avec le net recul depuis 15 jours du nombre de cas d’infections (-36 %) et d’hospitalisations (-27 %) aux États-Unis, l’économie a commencé à rouvrir, notamment dans la région de la capitale fédérale Washington D. C.

« C’est très lent et inégal (à travers le pays), mais on va dans la bonne direction », souligne M. Shepherdson.  

Pour lui, « le prochain grand mouvement sera une baisse ». « La force dominante à l’arrivée du printemps sera la disparition de la COVID-19 et la réouverture » de l’économie, conclut-il.

En janvier, le chômage s’élevait encore à 6,3 % contre 3,5 % en février 2020 avant la propagation de la pandémie aux États-Unis.

Mais le président de la Banque centrale américaine Jerome Powell a révélé que le taux de chômage réel était plutôt de l’ordre de 10 %.