(Québec) La pandémie de COVID-19 a créé son lot de chômeurs au Québec, depuis mars dernier. On compterait environ 125 000 personnes ayant perdu leur emploi des suites des mesures sanitaires et de confinement adoptées en vue de freiner la propagation du virus.

Jocelyne Richer
La Presse Canadienne

Dans bien des cas, même une fois la pandémie derrière nous, il ne sera pas possible de retrouver ces emplois perdus. D’où l’importance de miser sur la requalification de ces travailleurs. Et l’importance pour eux de faire les bons choix de carrière dans un monde du travail en pleine mutation.

C’est ce que souhaitent deux ministres du gouvernement, Jean-François Roberge, à l’Éducation, et Jean Boulet, à l’Emploi, qui ont annoncé mardi l’injection de 91 millions d’ici deux ans dans des programmes de formation de la main-d’œuvre destinés à ces travailleurs laissés sur la touche.

Leur but : mieux arrimer l’offre et la demande grâce à des formations de courte durée, soit quelques mois seulement. Et faire en sorte que les gens au chômage forcé se tournent vers des secteurs où la demande est forte, où on observe des pénuries de main-d’œuvre.

Le ministre Boulet dit vouloir convier le Québec à « un changement de culture » relié au monde du travail.

En entrevue téléphonique, M. Boulet dit qu’il faudra plus que jamais miser sur certaines formules comme l’alternance travail-études.

« Je veux qu’on développe une culture de formation continue, tant dans les lieux de travail qu’à l’extérieur », insiste M. Boulet, en misant notamment sur le rôle dévolu aux centres de formation professionnelle (CFP).

Les chômeurs doivent prendre conscience que certains emplois vont disparaître, d’autres vont apparaître. Plus que jamais, il importera donc de « bien maîtriser les compétences essentielles du futur », dit-il.

Plusieurs secteurs sont en forte demande, dont la mécanique automobile, la soudure, l’opération d’équipements de production, la production animale, le transport par camion, l’usinage. Les secteurs du bioalimentaire et de la fabrication industrielle, l’industrie de la construction, le secteur de la santé et des technologies de l’information continuent également de présenter d’importants besoins de main-d’œuvre.

« Ce sont des métiers où il y a énormément de demandes, partout », observe le ministre, qui assure vouloir reconnaître davantage les acquis, les compétences et les diplômes.

Les clientèles visées sont tous ceux et celles qui cherchent à réorienter leur carrière et à rehausser leurs compétences dans des secteurs stratégiques.

Mais il apparaît clairement que Québec vise surtout à attirer trois clientèles : les jeunes « ni en emploi, ni aux études, ni en formation », les femmes et les immigrants.

Le gouvernement vise à multiplier prochainement les activités d’information et de promotion pour atteindre les clientèles visées.