(Montréal) Les associations patronales de la construction et l’alliance syndicale devaient officiellement déposer jeudi leurs demandes respectives, enclenchant ainsi le processus de négociation des conventions collectives qui concernent 192 000 travailleurs dans cette industrie au Québec.

Lia Lévesque
La Presse Canadienne

Les conventions collectives dans l’industrie de la construction viennent à échéance le 30 avril prochain ; elles ont une durée de quatre ans.

En vertu des règles propres à cette industrie, se font face l’Alliance syndicale, qui regroupe les cinq organisations syndicales reconnues dans la construction, ainsi que quatre associations patronales représentant des sous-secteurs de la construction.

Cette négociation pour les années 2021-2025 se déroulera dans un contexte où l’industrie de la construction a été très active au Québec, malgré la pandémie de coronavirus, qui avait entraîné la fermeture temporaire des chantiers, le printemps dernier.

Plusieurs entrepreneurs rapportent une rareté de main-d’œuvre. Et le gouvernement du Québec veut faciliter l’accès à l’industrie par des modifications réglementaires.

Le ministre du Travail et de l’Emploi, Jean Boulet, avait rencontré les parties, en février 2020, pour tenter d’améliorer le climat et de faciliter le dialogue, afin d’éviter les négociations difficiles de 2013 et de 2017.

Le ministre souhaitait même que les négociations débutent plus tôt dans l’année 2020, afin de se donner plus de marge de manœuvre pour conclure une entente négociée.

Mais les parties commencent maintenant la véritable négociation des quatre conventions collectives. Et tant les parties patronales que syndicales voudront profiter de l’effervescence qui touche l’industrie, avec les nombreux projets d’infrastructure qui sont planifiés pour les prochaines années.

L’Alliance syndicale est formée de la FTQ-Construction (43 % des travailleurs), du Conseil provincial du Québec des métiers de la construction (International), avec 23,6 % de représentativité, du Syndicat québécois de la construction (19 %), de la CSD-Construction (8,8 %) puis de la CSN-Construction (6 %).

Les associations patronales négocient pour les secteurs résidentiel, génie civil et voirie, institutionnel, commercial et industriel. De plus, l’Association des entrepreneurs en construction négocie les clauses communes aux différents secteurs, comme le régime de retraite et les assurances.