(Washington) Donald Trump s’est dit satisfait du déroulement du plan de sauvetage des petites et moyennes entreprises américaines éreintées par la pandémie, qui a démarré non sans mal, alors que la Banque centrale a été recrutée lundi pour en démultiplier les effets.

Christophe VOGT
Agence France-Presse

« La performance est vraiment bonne », a affirmé le président au cours de son point de presse quotidien consacré à l’épidémie de COVID-19.

« Au jour d’aujourd’hui, des dizaines de milliers de petites entreprises ont demandé pour plus de 40 milliards de dollars d’aide », a dit le président, soulignant que « ces fonds vont préserver 2 millions d’emplois ».

Mais le président n’a pas été en mesure de dire quelle portion de ce montant a déjà été versée aux PME.  

« Cela se fait très rapidement, le processus est très rapide », a affirmé Donald Trump.  

Vendredi, toutefois le lancement du programme a connu des hoquets, les banques n’étant pas prêtes ou estimant n’être pas assez informées.

Le locataire de la Maison-Blanche – qui est en pleine campagne pour y rester quatre ans de plus – a fait de la préservation de l’emploi sa priorité absolue alors que la pandémie de COVID-19 a paralysé une bonne partie de l’économie et que quelque 10 millions de personnes ont dû pointer au chômage lors des deux dernières semaines de mars.

Le programme de préservation des salaires (PPE) s’est vu allouer 349 milliards de dollars dans le cadre du gigantesque plan de sauvetage de la première économie du monde de 2200 milliards de dollars adopté par le Congrès fin mars.  

Les petites et moyennes entreprises de 500 employés et moins peuvent emprunter de l’argent pour garder leur personnel ou le réembaucher, payer le loyer et l’électricité. Si les PME prouvent que l’argent a bien été utilisé pour préserver des emplois, le prêt se transforme en aide gratuite de l’État.  

L’idée est de garder les entreprises en ordre de marche pour qu’elles puissent redémarrer dès que l’épidémie aura été étouffée.  

Le Trésor et l’Agence pour les PME ont décidé de s’appuyer sur le tissu de banques privées qui irrigue le pays, pour servir d’intermédiaire pour faire arriver l’argent plus vite.

La Fed à la rescousse

« Pour faciliter les prêts aux PME par le biais du Programme de protection des salaires de l’Agence fédérale des PME », la Réserve fédérale va mettre en place un dispositif consistant à racheter les prêts octroyés par les banques privées dans le cadre de ce programme.

La Fed doit permettre d’accélérer le mouvement, une fois le dispositif en place au courant de la semaine.

En rachetant ces prêts, la Fed permettra aux banques de les effacer de leur comptabilité et de prêter à de nouvelles entreprises éligibles.

Le président a aussi réaffirmé, comme il l’a fait quasiment depuis l’adoption du plan de sauvetage, que le gouvernement était prêt à demander plus d’argent.

Une association de banques locales indépendantes (Independent Community Bankers Association) a jugé que le montant alloué était bien insuffisant.  

Et elle n’a pas mâché ses mots qualifiant le lancement du programme de « raté », critiquant « le manque d’instructions claires » et soulignant « les délais interminables ».  

Dès dimanche, Wells Fargo, l’une des plus importantes banques du pays, avait annoncé qu’elle avait épuisé les 10 milliards de dollars alloués au programme. La banque est limitée à ce montant à cause d’errements de sa direction passée.  

Les réseaux sociaux sont aussi un déversoir pour entrepreneurs en colère ou déçus de ne pas avoir touché tout de suite de l’argent. Mais on y trouve aussi des entreprises satisfaites comme un bar à cafés de Caroline du Nord, qui a été retweeté par la cheffe de l’Agence pour les PME.

Larry Kudlow, optimiste en chef et conseiller économique du président qui avait déjà affirmé que les États-Unis étaient « quasiment étanches » à l’épidémie qui a depuis tué des milliers de personnes dans le pays, a reconnu que le programme avait connu des hoquets. « Mais je nous donne un A », soit la meilleure note, a-t-il ajouté.