(Ottawa) Le déficit du commerce des marchandises du Canada s’est rétréci à 983 millions en février, après avoir été de 1,7 milliard en janvier, alors que l’impact économique de la COVID-19 a montré certains de ses premiers signes avec une baisse des échanges avec la Chine.

La Presse canadienne

Les importations en provenance de Chine, où le virus a d’abord éclos, ont chuté de 6,8 % en février, après avoir atteint en janvier leur plus faible niveau en trois ans en janvier, a indiqué jeudi Statistique Canada.

La baisse des importations d’ordinateurs et périphériques, de téléphones cellulaires et de vêtements et accessoires a été le principal facteur de la baisse, a précisé l’agence fédérale.

Les exportations vers la Chine ont diminué de 6,4 % en février.

Omar Abdelrahman, un économiste de la Banque TD, a estimé que les perspectives commerciales se dégraderaient probablement de façon marquée en mars et en avril, à mesure que les mesures prises pour ralentir la propagation de la COVID-19 en Amérique du Nord s’installeront.

« Il est important de noter que le choc des prix des produits de base modifiera également le paysage commercial du Canada au cours des prochains trimestres », écrit M. Abdelrahman dans un rapport.

« Le plongeon des prix du pétrole aura une incidence sur les exportations nominales du Canada et sur les termes de l’échange, ce qui pèsera sur le revenu national. »

Statistique Canada a précisé que l’impact de la COVID-19 arriverait en mars, puisqu’un certain nombre de constructeurs automobiles nord-américains ont interrompu leur production. Il a également noté que la baisse des prix du pétrole brut pourrait avoir un impact sur les résultats ainsi que sur les fermetures d’usines.

La diminution du déficit commercial de février est attribuable à une hausse des exportations d’avions, tandis que les importations ont reculé en partie en raison de la baisse des importations de pétrole brut.

Les économistes s’attendaient en moyenne à un déficit de 1,87 milliard pour février, selon les prévisions recueillies par la firme de données financières Refinitiv.

Les exportations ont augmenté de 0,5 % pour s’établir à 48,3 milliards en février, huit des onze secteurs ayant augmenté. Exprimées en volume, les exportations ont augmenté de 2,7 %.

Les exportations d’aéronefs et d’autres matériel et pièces de transport ont augmenté de 18,5 %, stimulées par les livraisons d’aéronefs, qui ont augmenté de 46,8 % pour atteindre leur plus haut niveau en cinq ans en raison d’une augmentation des exportations de jets privés. En excluant les avions, les exportations totales ont diminué de 0,3 %.

Les importations ont chuté de 0,8 % pour s’établir à 49,3 milliards, leur niveau le plus bas des deux dernières années. Sept des 11 secteurs suivis ont reculé, tandis que les volumes d’importations ont diminué de 1,2 %.

Les importations de produits énergétiques ont chuté de 16 %, les livraisons de pétrole brut en provenance des États-Unis ayant le plus contribué à la baisse.

Statistique Canada a indiqué que les exportations mensuelles de services avaient diminué de 0,3 % pour s’établir à 11 milliards en février, tandis que les importations de services ont diminué de 0,5 % pour s’établir à 12,7 milliards.

Le déficit commercial du Canada pour les biens et services combinés a totalisé 2,7 milliards en février.