(Toronto) Le marché canadien de l’immobilier devrait enregistrer un recul important cette année, en raison à la fois des mesures d’isolement physique et de l’incertitude économique causée par l’épidémie de coronavirus, a estimé mardi la Banque Royale dans un rapport, tout en précisant qu’il pourrait rebondir l’an prochain.

La Presse canadienne

L’analyste de la banque Robert Hogue a indiqué dans un rapport que l’activité de revente de logements de cette année pourrait plonger de 30 % pour s’établir à un creux de 20 ans, car le marché « va ralentir au point de pratiquement s’immobiliser » ce printemps, alors que la confiance s’érode et que les spéculateurs restent sur la touche.

M. Hogue dit s’attendre à ce que les prix des maisons baissent dans les semaines ou les mois à venir. Cela devrait se traduire par une baisse de l’indice de référence composé de 2,9 % au deuxième semestre par rapport à l’année précédente, puisque les vendeurs coincés feront des concessions sur les prix.

Cependant, l’analyste s’attend à ce que ces tendances s’inversent l’année prochaine, car les faibles taux d’intérêt, la reprise du marché du travail et le rebond de l’immigration aideront les ventes à augmenter de plus de 40 % en 2021 et la dynamique des prix devrait également recommencer à favoriser les vendeurs.

Le rapport indique que les économies des Prairies tributaires du pétrole ressentiront plus fortement le ralentissement du marché de l’habitation. Les baisses de prix « devraient y accélérer de manière significative », mais il est peu probable d’observer un rebondissement de sitôt.

Le rapport note également que la mesure de l’accessibilité financière de la banque, définie comme la part du revenu médian nécessaire pour couvrir l’accession à la propriété, était stable à 50 % au Canada au quatrième trimestre de 2019. Celle de Vancouver était la plus élevée à 80,4 %, tandis qu’elle était de 68,2 % à Toronto et de 31,6 % à Edmonton.