Deux résidantes du Québec ont lancé une pétition à l’intention du gouvernement Legault pour qu’il suspende le paiement des loyers d’avril. Un Torontois a fait la même demande au gouvernement Trudeau.

Véronique Lauzon Véronique Lauzon
La Presse

Audrey Ruel-Manseau Audrey Ruel-Manseau
La Presse

Près de 30 000 personnes ont signé la pétition « Coronavirus COVID-19 », qui a été mise en ligne par Adriana T., dimanche dernier, et qui demande que les loyers d’avril et mai soient suspendus.

Rachel Tremblay, une résidante de Montréal, a quant à elle mis en ligne mardi la pétition « Grève des loyers dès le 1er avril » pour que le gouvernement du Québec déclare « un moratoire sur le paiement des loyers pour la durée de la crise pandémique de la COVID-19 ».

En seulement quelques heures, plus de 1600 personnes avaient signé cette pétition, qui est adressée au premier ministre François Legault, à la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, et à la ministre des Affaires municipales et du Logement, Andrée Laforest.

« Dans le contexte actuel, des dizaines de milliers de locataires au Québec ne peuvent simplement pas payer leur loyer pour le 1er avril ou doivent conserver le peu d’argent dont ils et elles disposent pour leurs besoins essentiels et les urgences », peut-on lire dans cette pétition.

Et les propriétaires ?

Richard Labelle est propriétaire de trois immeubles à logements à Montréal. L’homme de 66 ans considère cette pétition exagérée et irrationnelle.

« Je ne suis pas un organisme gouvernemental pour offrir une aide financière. C’est comme si les gens demandaient de faire leur épicerie gratuitement. »

Advenant une mesure semblable, il plaide que ce sont les propriétaires – « qui ont aussi besoin d’argent » – qui se retrouveraient dans le trouble.

« Une bonne partie des loyers s’en va en paiement d’impôts, paiement d’assurances, entretien et hypothèque. Je peux comprendre que les gens demandent de l’aide, et on peut accorder un délai, mais on est des particuliers nous aussi et les propriétaires ne sont pas tous ultras riches. »

M. Labelle appuie la demande du gouvernement Legault, qui souhaite que les propriétaires soient tolérants envers les locataires incapables de payer leur loyer au 1er avril. Il dit qu’il a toujours fait preuve de compréhension, trouvé des arrangements avec les locataires qui éprouvent des difficultés et qu’il continuera de le faire.

La semaine dernière, une pétition similaire a été lancée à Toronto par Joseph Rutherford. Plus de 600 000 Canadiens ont signé la pétition adressée au gouvernement fédéral où il est mentionné que « l’annulation des loyers et des versements hypothécaires pendant la durée de la pandémie allégerait la pression financière ».