La publication vendredi matin des données de l’emploi en décembre au Canada s’annonce d’un intérêt particulier après les reculs significatifs qui avaient été mesurés durant les deux mois précédents.

Martin Vallières Martin Vallières
La Presse

Pour le moment, les prévisions d’économistes du secteur bancaire oscillent autour de 25 000 emplois créés en décembre, ce qui rehausserait autour de 300 000 le gain net d’emplois durant toute l’année 2019. Le taux de chômage en décembre est attendu en baisse minime d’un dixième de point de pourcentage à 5,8 %.

« Après un mois de novembre désastreux avec la perte de 71 000 emplois, soit la plus forte contraction mensuelle en dix ans, on s’attend à un gain d’une vingtaine de milliers d’emplois en décembre, ce qui porterait la création d’emplois en 2019 à son deuxième meilleur résultat des sept dernières années », résume l’économiste Jocelyn Paquet, de la Banque Nationale, dans son plus récent billet hebdomadaire.

Mais du point de vue d’Andrew Grantham, économiste à la Banque CIBC, les données de l’emploi en décembre pourraient encore « décevoir les prévisions si l’on considère que, même après le choc baissier de novembre, le gain d’emplois annualisé au Canada demeurait un peu plus élevé que ce à quoi on pourrait s’attendre avec le ralentissement de la croissance économique. »

À la Banque de Montréal, l’économiste Benjamin Reitzes tempère aussi les attentes d’un rebond significatif de la création d’emplois en fin d’année au Canada. « Malgré notre prévision d’un regain de 25 000 emplois en décembre, il est peu probable que la croissance de l’emploi revienne à la tendance forte observée au cours des neuf premiers mois de 2019. En fait, une création d’emplois moindre en fin d’année 2019 serait cohérente avec la croissance économique au ralenti et un marché du travail déjà serré. »