(New York) Les gouvernements vont se retrouver face à la lourde tâche de sélectionner quelles entreprises sauver ou laisser couler une fois que la pandémie sera passée, prévient lundi le rapport d’un groupe d’économistes internationaux.

Agence France-Presse

De nombreuses sociétés se sont en effet lourdement endettées pour garder la tête hors de l’eau depuis que la COVID-19 a commencé à se propager dans le monde.  

Une fois que les programmes massifs de soutien mis en place par les gouvernements vont cesser, il va probablement y avoir des faillites en masse même s’il est encore difficile de déterminer combien, avancent ces économistes regroupés au sein du « G30 », incluant plusieurs banquiers centraux.  

« On est bien incapable pour l’instant d’évaluer l’ampleur du problème », a souligné Raghuram Rajan, un ancien gouverneur de la banque centrale d’Inde travaillant actuellement à l’université de Chicago. « Cela est rendu compliqué par l’importance des mesures d’aide en place. »

Il y a eu peu de sociétés en situation d’insolvabilité jusqu’à présent, car « le flux d’argent masque la réalité sous-jacente », a renchéri l’ancien chef de la Banque centrale européenne Mario Draghi, qui a coordonné l’écriture du rapport avec M. Rajan.  

Dans leur document, les experts proposent aux gouvernements des pistes pour les aider à éviter d’apporter des ressources à des entreprises trop mal en point pour survivre dans un monde post-Covid et à plutôt s’adapter « à de nouvelles réalités ».  

Les autorités devraient par exemple encourager « les transformations nécessaires ou désirables » dans les secteurs de plus en plus informatisés, préconise le rapport.  

Elles devraient aussi réviser leurs lois sur les faillites dans les pays où les protocoles actuels rendent quasi impossible la survie d’une entreprise en difficulté même si sa stratégie est prometteuse.  

« La plupart des juridictions ont des procédures d’insolvabilité qui partent du principe qu’une entreprise dont le bilan est défectueux est structurellement malsaine », souligne le document. Or avec la crise actuelle, de nombreuses entreprises sont tombées dans le rouge malgré une stratégie solide.

Les économistes du groupe recommandent par ailleurs que les entreprises récupèrent plus d’argent en émettant des actions plutôt qu’en émettant de la dette, une évolution que les gouvernements peuvent encourager en établissant de nouvelles règles ou incitations, ou en achetant eux-mêmes des actions.