(Washington) La nouvelle politique économique de la Banque centrale américaine, la Fed, qui doit permettre de mieux atteindre le plein emploi, est trop prudente, a estimé vendredi l’un de ses responsables, alertant sur les « histoires de fantômes » liées à une inflation élevée.

Agence France-Presse

La Réserve fédérale américaine (Fed) s’est engagée mercredi à l’issue de sa réunion monétaire, à permettre à l’inflation de temporairement dépasser 2 % sans augmenter les taux, en vue d’atteindre son objectif désormais principal, d’un taux d’emploi maximum.

Or, elle aurait dû « s’engager plus fermement à ne pas augmenter les taux tant que nous ne sommes pas certains d’avoir atteint » cet objectif de plein emploi, a affirmé vendredi Neel Kashkari, président de l’antenne de Minneapolis de la Réserve fédérale américaine.

Il avait voté contre le texte adopté mercredi par la Fed, et qui reflétait le changement de politique monétaire majeur annoncé fin août par le président de la Fed Jerome Powell.

Neel Kashkari estime en effet que les économistes et les banquiers centraux se sont depuis longtemps inquiétés à tort d’une hausse des prix provoquée par un faible taux de chômage.

Après la récession de 2009 provoquée par la crise financière mondiale, l’inflation aux États-Unis n’a que rarement atteint l’objectif de 2 % visé par la Banque centrale américaine, mais le chômage a lui continué à diminuer, pour atteindre, juste avant la crise de la COVID-19, son niveau le plus bas en 50 ans.

De nombreux banquiers centraux pensaient qu’« une fois que l’inflation aurait commencé à grimper, elle pourrait s’accélérer, ce qui nécessiterait une réponse politique très forte pour la contrôler », a déclaré Neel Kashkari.

Il a qualifié ces théories d’« histoires de fantômes, car il n’y avait aucune preuve qu’elles étaient vraies, mais elles ne pouvaient pas non plus être exclues ».

Il a expliqué que la Fed disposait d’outils pour combattre une forte inflation, mais est peu armée face au cycle actuel de hausse des prix modérée.

Or, « une inflation faible persistante pose des défis aux économies avancées du monde entier », a déclaré Kashkari.

Un autre membre du comité monétaire avait voté mercredi contre la décision finalement approuvée. Le président de la Fed de Dallas, Robert Kaplan, avait expliqué qu’il eut préféré plus de « souplesse » dans cette politique.

La Fed estime que l’inflation sera de 1,2 % en 2020, et atteindra 2 % en 2023.