(Washington) Les Américains qui ont perdu leur emploi avec la pandémie de COVID-19 sont de plus en plus nombreux à craindre que leur licenciement temporaire ne devienne permanent, dans un marché du travail sinistré, selon une enquête de la Banque centrale américaine publiée vendredi.

Agence France-Presse

De nombreuses familles américaines « sont toujours confrontées à de l’incertitude concernant les licenciements et les perspectives de retour à l’emploi », résume la Réserve fédérale américaine (Fed), dans cette étude réalisée en avril et en juillet pour évaluer les conséquences de la crise sur les ménages américains.

Ainsi, 22 % des personnes interrogées en juillet pensaient que leur licenciement, initialement temporaire, deviendrait permanent, alors qu’ils n’étaient que 7 % en avril à anticiper une telle évolution.

La pandémie de COVID-19 s’est étendue en mars sur le territoire américain, et des mesures massives de confinement ont alors été prises, poussant de nombreuses entreprises à fermer leurs portes et à se séparer de leurs salariés.

En six mois, « 14 % des adultes ont indiqué avoir été licenciés », relève la Fed. Parmi ceux-ci, 30 % avaient, en juillet, retrouvé l’emploi occupé auparavant, et 10 % avaient trouvé un nouvel emploi.

Toutefois, « les familles américaines se portaient mieux financièrement en juillet qu’en avril », souligne la Fed.

« Cette amélioration semble due à un retour au travail de certaines personnes, ainsi qu’aux programmes d’aide mis en place par le gouvernement [fédéral] ou par les associations. Un grand nombre de familles ont reçu une ou plusieurs aides financières », détaille la Banque centrale.  

Les ménages étaient même plus en mesure de faire face à de « petites urgences financières » qu’ils ne l’étaient en octobre 2019.

Mais certaines des aides accordées par le gouvernement fédéral fin mars se sont terminées fin juillet, notamment l’aide supplémentaire de 600 dollars par semaine pour les chômeurs.

Un nouveau plan d’aide doit être mis sur pied, mais les discussions entre la Maison-Blanche et les élus démocrates et républicains du Congrès piétinent depuis près de deux mois.