L’entreprise Shawinigan Aluminium, qui a repris une partie des activités abandonnées par Rio Tinto, se lance dans le recyclage d’aluminium à grande échelle avec un investissement de 10 millions.

Publié le 15 sept. 2020
Hélène Baril
Hélène Baril La Presse

Une nouvelle fonderie sera construite à côté de ses installations de fabrication de billettes pour y recycler les rebuts d’aluminium de Rio Tinto et de ses clients qui transforment les lingots en produits à valeur ajoutée. Les installations auront la capacité de refondre 30 000 tonnes de rebuts par année pour fabriquer de nouvelles billettes.

Les billettes coulées à partir de ces rebuts seront identifiées comme un produit recyclé, ce qui a maintenant une valeur sur le marché « La traçabilité des billettes sera établie et on pourra fournir cette information à nos clients qui en feront la demande », a indiqué Ghita Ouaziz, la directrice générale de Shawinigan Aluminium.

Avec l’aide du gouvernement du Québec, un consortium québécois a repris en 2014 le centre de coulée que Rio Tinto voulait fermer. Shawinigan Aluminium continue d’y fabriquer depuis des billettes et faisait un peu de recyclage. Mais l’investissement annoncé mardi lui permettra d’en faire à grande échelle.

Les rebuts d’aluminium proviendront de Rio Tinto et des entreprises d’extrusion du Canada et des États-Unis, a précisé Ghita Ouaziz.

Rio Tinto sera à la fois un client et un fournisseur de Shawinigan Aluminium. « Rio Tinto pourra offrir à ses clients des solutions intégrées allant de l’aluminium primaire à très faible empreinte carbone, jusqu’à des billettes en aluminium recyclé en boucle fermée, produites à partir de leurs propres résidus », a souligné Jean-François Laplante, Directeur produit industriel et investissement, aluminium, de Rio Tinto.

Shawinigan Aluminium emploie 90 personnes. L’expansion de ses activités permettra de maintenir ses emplois et d’en ajouter 8 autres dans le secteur en croissance du recyclage.

Les grands utilisateurs d’aluminium se préoccupent de plus en plus de l’empreinte carbone des matières premières qui entrent dans la fabrication de leurs produits. Apple, par exemple, a investi dans Elysis, une coentreprise formée de Rio Tinto et d’Alcoa pour mettre au point une technologie d’électrolyse sans émissions directes de carbone.