La présidente et cheffe de la direction d’Ivanhoé, Cambridge Nathalie Palladitcheff, était l’invitée, jeudi matin, d’une causerie virtuelle organisée par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Elle y a parlé de l’avenir des tours de bureaux, des bons et des mauvais immeubles, du rôle des centres-villes et des leçons qu’elle tire de la pandémie.

Marie-Eve Fournier
Marie-Eve Fournier La Presse

Un bon actif immobilier, c’est quoi ?

« Il y a trois critères principaux. La flexibilité, c’est fondamental. La technologie, notre partenaire au quotidien. Et les services. Si ces trois cases ne sont pas cochées, ce n’est pas un bon immeuble. […] La flexibilité d’usage, c’est comment on va utiliser les espaces. Il y a beaucoup plus de demandes d’espaces collaboratifs et [polyvalents] pouvant être utilisés, selon les circonstances et les besoins, de manière différente. La deuxième notion, la technologie, c’est comment avoir des équipements qui vont faciliter la vie et créer de la valeur pour nos employés. Et les services, par exemple, on a un service de conciergerie au centre-ville, qui va permettre à nos employés et à nos locataires d’avoir une vision plus globale de leur vie. »

Le nouveau rôle du bureau

« Ce qu’on voit actuellement, c’est que l’immeuble de bureaux va devenir un lien plus social et beaucoup moins fonctionnel, ce qui est presque l’inverse de ce qu’on voyait avant. Avant, on venait au bureau par obligation. Maintenant, on va venir pour échapper à un certain nombre de contraintes. »

Que fait le centre-ville idéal pour un propriétaire immobilier ?

« Il doit créer de la valeur, apporter quelque chose. Il faut, quand quelqu’un vient au centre-ville de Montréal, que l’expérience qu’il va vivre, que les services auxquels il va pouvoir accéder ajoutent quelque chose, par rapport à rester chez lui ou dans sa chambre. […] Comment ça se traduit en pratique ? Je dirais beaucoup par le transport. »

La volonté des travailleurs

« C’est très important d’avoir en tête que cette solution hybride bureau et maison est une solution qui va être durable. Elle est bien sûr très intense en ce moment […], mais cette notion de flexibilité est une vraie demande de la communauté. Ça ne veut pas dire 100 % bureau, ça ne veut pas dire 100 % maison, ça veut dire une combinaison des deux. Moi, je n’oppose pas le retour au bureau au maintien de conditions de travail adaptées depuis la maison. »

Une leçon tirée de la pandémie

« On s’est rendu compte en tant que leaders qu’être forts dans notre spécialité, en l’occurrence pour nous l’immobilier, ce n’était plus suffisant. Il est important aussi d’être forts en technologie, d’avoir une approche centrée sur les gens, et ça, ce sont des dimensions supplémentaires qui sont venues s’ajouter à nos défis et notre compréhension du monde. »

Et une autre…

« Cette période nous a appris beaucoup de choses sur nous-mêmes, en particulier sur le fonctionnement de nos organisations. Nous sommes une organisation globale et nous avions peut-être sous-estimé combien avoir des employés dans un siège social et dans d’autres bureaux à l’étranger pouvait être un défi, en termes de communication. Maintenant, on le comprend mieux, et je pense que de ce fait, on sera de meilleurs gestionnaires. Quand on n’est pas tous dans le même immeuble, il faut faire des efforts particuliers pour se connecter, pour communiquer et que l’information se rende au bon endroit. »

En général, comment se porte l’immobilier ?

« La classe d’actifs immobiliers, aujourd’hui, est bien sûr sous une forte pression. [Il y a] de très grands défis immédiats […] Ce qu’il est important de savoir, c’est que dans un environnement de taux bas, comme on va certainement en connaître pendant un certain temps, l’immobilier reste fondamentalement une classe d’attrait pour les investisseurs. »