(Washington) Le gouvernement américain s’est défendu jeudi de profiter du pétrole syrien, après la conclusion d’un accord entre une compagnie pétrolière américaine et l’administration semi-autonome kurde dans le nord-est de la Syrie.

Agence France-Presse

« Le gouvernement des États-Unis ne possède pas, ne contrôle pas et ne gère pas les ressources pétrolières en Syrie », a affirmé l’émissaire américain pour la Syrie, Jim Jeffrey, au cours d’une conférence de presse.

« Je peux vous assurer que c’est le peuple du nord-est syrien qui contrôle la région pétrolière. Personne d’autre », a-t-il ajouté.

L’immense majorité des champs pétroliers, dans l’est et le nord-est du pays, échappent toujours à Damas. Ils sont contrôlés essentiellement par les Forces démocratiques syriennes (FDS) – soutenues par des troupes américaines sur place – qui en ont fait la principale source de revenus de leur administration semi-autonome.

Le régime syrien a condamné la semaine dernière cet accord sur lequel l’administration du président Donald Trump s’est montrée jusqu’ici très discrète.

C’est le sénateur américain Lindsey Graham qui l’a pour la première fois évoqué publiquement en questionnant à ce sujet le chef de la diplomatie Mike Pompeo.

M. Pompeo avait alors confirmé l’existence de cet accord, obtenu avec le soutien de Washington. « L’accord a pris plus longtemps que ce que nous espérions, nous en sommes maintenant à sa mise en œuvre. Il peut avoir beaucoup d’effet », avait-il dit.

Jeudi, M. Jeffrey a assuré que Washington n’était « pas impliqué dans les décisions commerciales de notre partenaire local dans le nord-est syrien ».

« La seule chose que nous ayons faite », a-t-il ajouté, « c’est d’accorder une licence à cette société » pour qu’elle échappe au large éventail de sanctions que les États-Unis imposent au régime syrien.

Il n’a pas nommé la société, mais selon des médias américains, Delta Crescent Energy a été montée de toutes pièces en 2019 pour négocier avec les FDS. Elle a été cofondée par un ancien ambassadeur de George W. Bush au Danemark, James Cain.

Le président Donald Trump est revenu sur sa décision de retirer l’ensemble des troupes américaines du nord-est syrien, pour en garder quelques centaines « là où il y a du pétrole ».

Un porte-parole du Pentagone, Jonathan Hoffman, a assuré jeudi que la présence militaire américaine en Syrie n’était destinée qu’à interdire le pétrole syrien au groupe État islamique.

« L’objectif est d’empêcher une organisation terroriste d’accéder au pétrole pour financer ses opérations, » a-t-il déclaré. « Cela permet en outre à nos partenaires […] de poursuivre leurs opérations défensives, de vaincre les terroristes dans cette zone et de financer leurs efforts de reconstruction ».