(Québec) Ottawa donne de l’air aux entreprises québécoises de transformation du poisson et des produits de la mer, fragilisées par la pandémie de COVID-19, en mettant à leur disposition un fonds de 9,1 millions. La mesure vise à permettre à ces PME de réduire le fardeau financier lié à la crise sanitaire.

Fanny Lévesque Fanny Lévesque
La Presse

Le gouvernement Trudeau annoncera mercredi que les sommes du Fonds canadien pour la stabilisation des produits de la mer, totalisant 62,5 millions, seront admissibles à compter du 22 juin prochain. De cette enveloppe, 38,14 millions iront aux provinces de l’Atlantique et 9 millions à celles de l’Ouest.

Le Québec reçoit donc, à lui seul, 9,1 millions qui seront destinés aux transformateurs autochtones et non autochtones des produits de la mer, du poisson, de l’aquaculture ainsi qu’aux organismes sans but lucratif. Ce pan de l’industrie a particulièrement été touché en raison de l’instabilité du marché provoquée par la pandémie.

C’est Développement économique Canada, sous la responsabilité de la ministre fédérale Mélanie Joly, qui administrera le programme d’aide par province.

PHOTO JUSTIN TANG, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Mélanie Joly, ministre du Développement économique et des Langues officielles

Les coûts admissibles à l’aide fédérale seront rétroactifs

De nombreuses entreprises ont déjà eu à investir pour s’adapter aux réalités sanitaires, que ce soit pour l’achat d’équipements de protection ou le réaménagement des espaces de travail. C’est pourquoi les coûts admissibles à l’aide fédérale seront rétroactifs au 15 mars dernier, alors que la crise éclatait au pays.

Des usines de transformation de la Côte-Nord et de la Gaspésie, notamment, ont eu à composer avec plusieurs défis depuis le début de la crise sanitaire, que ce soit pour l’accueil de travailleurs étrangers ou en raison des retards causés par le confinement.

Il faut comprendre que les entreprises de transformation des produits de la mer fonctionnent de façon intense et saisonnière. Elles dépendent aussi du succès de la saison de la pêche. Ottawa tenait à offrir un soutien rapide à ce « secteur-clé » plus vulnérable à cause de sa courte période d’activités, nous dit-on.

L’aide fédérale pourra servir à couvrir les coûts associés à l’achat de matériel de protection, à la mise en place de mesures de santé et sécurité liées à la pandémie ou à augmenter la capacité de stockage, entre autres.

De ce fonds de 62,5 millions, annoncé par le premier ministre Justin Trudeau en avril dernier, Pêches et Océans Canada conservera 6,2 millions pour réagir si la pandémie entraîne de nouveaux défis ou pour fournir des fonds supplémentaires si les demandes d’aide sont plus élevées que prévu dans certaines régions du pays.