Les émissions d’obligations financières dites «vertes» par des entreprises privées et des entités publiques au Canada ont atteint l’équivalent de 9,6 milliards de dollars cette année, dépassant le seuil des 7,2 milliards qui avait été atteint en 2018, lit-on dans un compte-rendu de l’analyste Andrès Quintana, spécialiste des marchés de titres de dette chez Valeurs Mobilières Banque Laurentienne (VMBL).

Martin Vallières Martin Vallières
La Presse

À quels critères doivent répondre les entreprises ou les organisations qui envisagent d’émettre des obligations vertes ? Pour l’essentiel, « les fonds provenant d’obligations vertes doivent être affectés à des projets qui procurent des avantages clairs pour l’environnement », rappelle l’analyste de VMBL. « Et ces avantages relèvent généralement de catégories spécifiques, telles que l’utilisation efficace des ressources renouvelables, la prévention et le contrôle de la pollution, la conservation de la biodiversité aquatique ainsi que les transports propres. »

Parmi les faits saillants de son compte-rendu :

– Alors que les gouvernements de l’Ontario et du Québec formaient le plus grand bloc d’émetteurs en 2018, le secteur financier, y compris les institutions financières et les fonds de pension, a pris les devants en 2019.

Par exemple, deux transactions totalisant 1,4 milliard ont été conclues en 2019 par deux banques canadiennes : la Royale (RBC) et la Scotia. Aussi, l’Office d’investissement du Régime de pension du Canada, qui gère 409 milliards d’actifs, a émis deux obligations vertes : un billet à moyen terme en euros pour 1,5 milliard de dollars et un placement privé pour 665 millions.

– « Fait intéressant » souligne l’analyste Andrès Quintana : toutes les obligations vertes émises par le secteur financier canadien en 2019 étaient libellées en devises étrangères : en euros et en dollars américains.

– En combinant les banques et les fonds de pension, le secteur financier canadien constitue maintenant le plus grand bloc d’émetteurs d’obligations vertes au Canada, avec l’équivalent de 8,3 milliards de dollars en circulation.

– Le deuxième plus important groupe d’émetteurs canadiens d’obligations vertes, avec 7,1 milliards de titres en circulation, est constitué des principales provinces.

En 2019, les émissions d’obligations vertes des provinces ont atteint 2,5 milliards, comparativement à 2 milliards l’an dernier, relate l’analyste de VMBL. En contrepartie, Andrès Quintana n’a pas constaté d’augmentation importante des émissions par les municipalités et les agences gouvernementales.