(New York) L’enseigne Walmart a envoyé jeudi des signaux positifs aux marchés financiers sur la santé de la consommation à l’approche des fêtes de fin d’année, en affirmant s’attendre à une « bonne saison » malgré la guerre commerciale et les tensions géopolitiques qui pèsent sur la croissance mondiale.

Luc OLINGA
Agence France-Presse

«Nous nous préparons à une bonne saison des fêtes», a déclaré le directeur général Doug McMillon. Les achats des fêtes de fin d’année débutent aux États-Unis le 29 novembre avec les grosses promotions du Black Friday, au lendemain de la fête familiale de Thanksgiving.  

Mais Walmart lancera ses promotions dès le 27 novembre.

Le groupe, qui revendique 11 300 supermarchés et hypermarchés répartis dans 27 pays, s’attend à une croissance «légère» de son bénéfice annuel contre une «légère baisse» il y a trois mois, ce qui faisait monter le titre plus de 1,42% vers 10h45 à Wall Street.

L’optimisme du groupe de l’Arkansas repose sur les consommateurs américains, dont les dépenses permettent de contrebalancer les difficultés rencontrées hors des États-Unis.

Les ventes à magasins comparables, indicateur très suivi pour mesurer la santé de l’activité, ont augmenté de 3,2% aux États-Unis au troisième trimestre, bien mieux que la hausse de 3,1% escomptée.

À l’international, la hausse n’a été que de 1,3%, un chiffre qui «reflète des conditions difficiles dans plusieurs marchés», a expliqué M. McMillon.

Explosion des ventes en ligne

«Au Royaume-Uni, des inquiétudes sur le Brexit continuent à affecter négativement les dépenses des consommateurs», a-t-il développé, tandis qu’au Chili, en proie à un mouvement de colère sociale, un «grand nombre de supermarchés ont été fermés depuis octobre et n’ont toujours pas rouvert».

Walmart a dégagé un bénéfice net de 3,3 milliards de dollars au troisième trimestre de son exercice décalé clos le 31 octobre, en hausse de 92,3%, pour un chiffre d’affaires de 127,99 milliards (+2,5%).

Cette performance suggère que l’enseigne n’a pas été pénalisée par ses prises de position aux États-Unis sur des problématiques sociétales controversées, comme les armes à feu après deux fusillades dans ses rayons cette année.

Le président Donald Trump a aussitôt salué ces «bons chiffres», soulignant qu’ils montraient qu’il n’y avait pas d’impact négatif des tarifs douaniers lesquels, à l’inverse, «apportent des milliards de dollars au Trésor».

«Ces résultats montrent que le géant de la distribution demeure dans une trajectoire ascendante pour ce qui est des bénéfices, notamment aux États-Unis où il récolte les fruits de ses investissements dans le commerce en ligne et une hausse de la fréquentation dans ses supermarchés», estime Neil Saunders, expert au cabinet GlobalData Retail.

Ces investissements comprennent le lancement d’un service d’abonnement payant pour livraisons illimitées à domicile de denrées alimentaires commandées en ligne (Delivery Unlimited) et d’une offre visant à commander en ligne et à récupérer les produits au magasin.

Walmart propose également depuis peu InHome, un service payant qui permet à ses employés non seulement de livrer les courses mais encore de les ranger dans le réfrigérateur.

Ces offres visent à empêcher l’exode des clients chez Amazon et à attirer une clientèle plus jeune et urbaine.

Seul hic, ces investissements rognent les bénéfices : le bénéfice opérationnel a ainsi diminué de 5,4% à 4,72 milliards de dollars.

Pour autant, Walmart veut accélérer : «Nous faisons certes des progrès sur plusieurs fronts mais nous avons besoin de faire davantage et vite», a indiqué jeudi Doug McMillon.

Les ventes en ligne ont bondi de 41% lors du trimestre écoulé, soit leur meilleur trimestre depuis le début de l’année et c’est davantage que l’objectif de 37% que s’est fixé Walmart pour 2019/20.  

Neil Saunders estime néanmoins que les progrès en ligne sont essentiellement sur les denrées alimentaires et que Walmart a encore du mal à convaincre au-delà.

«Beaucoup de consommateurs continuent de voir Walmart comme une enseigne à petits prix et non une destination pour des produits à haute valeur ajoutée dans le secteur non alimentaire», avance l’expert.