(Québec) Le gouvernement Legault estimait que son élection allait stimuler l’économie : cela ne s’est pas produit, a déploré l’opposition officielle jeudi.

Patrice Bergeron
La Presse canadienne

Les investissements des entreprises et les exportations ont diminué en 2019, a remarqué le Parti libéral (PLQ), à la suite du dépôt de la traditionnelle mise à jour économique et financière de novembre.

Le ministre des Finances, Eric Girard, a dit tabler, jeudi, sur la performance « remarquable » de l’économie pour devancer des engagements visant les familles avec de jeunes enfants.

Or le porte-parole libéral aux finances, Carlos Leitão, a plutôt fait remarquer que le tableau n’est pas si rose.

En conférence de presse au parlement, M. Leitão, qui est l’ancien ministre libéral des Finances, a relevé qu’un bon indicateur de l’activité industrielle, les investissements des entreprises en machines et matériel, a beaucoup diminué de 2018 à 2019.

Ainsi, on est passé d’une hausse de 12,9 % en 2018, la dernière année du gouvernement libéral, à une hausse de 6,1 %, de janvier à octobre 2019.

« Si les entreprises ont moins confiance, elles vont remettre à plus tard leurs projets d’investissement », a expliqué M. Leitão, dans une entrevue téléphonique avec La Presse canadienne jeudi en fin d’après-midi.

De même, alors qu’en 2018 le Québec enregistrait une hausse de 3,6 % de ses exportations, en 2019, la hausse est inférieure à 1 %, soit 0,6 %.

Ces indicateurs économiques à la baisse sont liés à la fois au contexte international, mais aussi local, a résumé M. Leitão.

Les entreprises sont « craintives » en raison de l’incertitude aux États-Unis, d’une part. Mais d’autre part, la pénurie de main-d’œuvre au Québec, et la réponse du gouvernement caquiste jugée « incohérente » par M. Leitão, peut amener les entreprises à investir moins, selon lui.

Il a conclu en lançant un avertissement aux caquistes : « À long terme, l’élément clé de la croissance économique, c’est l’investissement. »

Pour sa part, le Parti québécois (PQ) a déploré que la CAQ « cache de l’argent » en sous-estimant l’ampleur des surplus budgétaires. Ainsi, a relevé le député de René-Lévesque, Martin Ouellet, le surplus de 2018-2019 est passé de 2,5 milliards à 4,8 milliards.

En conférence de presse, il a également déploré que la CAQ ne rende pas automatique le versement de crédits d’impôt pour la solidarité à tous les prestataires de l’assistance sociale, comme le préconisait la Protectrice du citoyen.

Enfin, le porte-parole de Québec solidaire (QS) aux finances, Vincent Marissal, a réclamé la nomination d’un directeur parlementaire du budget, comme au fédéral, pour avoir un aperçu impartial des finances publiques.

« Le surplus de M. Girard est trois fois plus élevé que ce qu’il disait. C’est quand même une sacrée erreur. C’est problématique que cette manipulation de chiffres tourne le plus souvent à l’ésotérisme. »

M. Marissal regrette par ailleurs que les investissements en électrification dans la lutte aux changements climatiques seront annoncés l’an prochain seulement.