(Montréal) L’industrie de la construction aurait besoin en moyenne de 20 000 travailleurs de plus par année, jusqu’en 2028, selon l’Association de la construction du Québec.

Lia Lévesque
La Presse canadienne

Plus précisément, il lui faudrait entre 14 000 et 25 000 travailleurs de plus, selon l’année, pour répondre à ses besoins.

Ces prévisions proviennent d’une étude réalisée par la firme Raymond Chabot Grant Thornton pour le compte de l’Association de la construction, qui est l’association patronale dans le secteur de la construction industrielle, institutionnelle et commerciale.

Pour calculer ce manque, on a comparé l’époque où il y avait un certain équilibre entre l’offre et la demande de main-d’œuvre et ce qu’il faudrait aujourd’hui pour répondre à la demande.

Nombre d’heures record ?

L’association patronale estime qu’au rythme actuel, l’année 2019 battra le record d’activité. L’industrie devrait enregistrer 180 millions d’heures de travail, a souligné en entrevue à La Presse canadienne Jean-Philippe Cliche, économiste à l’Association de la construction du Québec. Le précédent record, atteint en 2012, était de 165 millions d’heures.

« En ce moment, la pression est sur les travailleurs qui ont leur carte de compétence actuellement, qui doivent en faire beaucoup plus. Ça crée des tensions assez énormes. Ça crée des freins à la croissance de certaines entreprises. Il y a des heures qui ne se font pas, aussi, qui se feraient si on avait la main-d’œuvre nécessaire. C’est clair que c’est une situation problématique », a opiné M. Cliche.

Quels métiers ?

Pour les 10 prochaines années, parmi les métiers les plus sollicités, on trouve les mécaniciens d’ascenseur, les soudeurs, les poseurs de systèmes intérieurs, les poseurs de revêtements souples et les grutiers.

On remarque aussi de grands besoins chez les briqueteurs-maçons, les peintres, les tuyauteurs, les opérateurs de pelle, les électriciens et les opérateurs d’équipement lourd.

« Il y a des métiers qui sont peu connus. Les gens ne savent pas ce que ça fait un ferblantier ou un calorifugeur, mais il y a de très belles carrières à faire dans ces métiers-là. Ce sont des métiers spécialisés. Ce n’est pas suffisamment connu par les jeunes », a souligné M. Cliche.

Des solutions

Pour résoudre le problème de recrutement de main-d’œuvre, l’Association de la construction croit qu’il faudra notamment valoriser les métiers de la construction auprès des jeunes.

Pourtant, les travailleurs y sont déjà jeunes, puisque 31 % d’entre eux sont âgés entre 25 et 34 ans. Mais il y a un fort taux de roulement.

Il faudra aussi valoriser l’industrie en tant que telle, puisqu’elle a eu un problème d’image, notamment lors de la commission Charbonneau.

M. Cliche évoque aussi la transformation numérique de l’industrie, le dessin en 3D et les technologies pour améliorer la planification avant le chantier.

L’ACQ revient aussi à la charge avec la revendication traditionnelle d’assouplir la loi R-20 qui encadre l’industrie, notamment en ce qui a trait aux juridictions des métiers.