(Washington) James Bullard, un des membres votants du comité monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed), a expliqué vendredi s’être prononcé en faveur d’une plus forte baisse des taux en raison du risque de récession pour l’économie américaine, lors de la dernière réunion de la Banque centrale.

Agence France-Presse

« Le secteur manufacturier américain semble déjà en récession, et les estimations concernant les probabilités de récession ont augmenté », a déclaré M. Bullard dans un communiqué, citant également les incertitudes commerciales.  

La Banque centrale américaine a voté mercredi une modeste baisse d’un quart de point de pourcentage des taux d’intérêt, qui s’établissent désormais dans une fourchette comprise entre 1,75 % et 2 %.

Le président de la Réserve fédérale de Saint-Louis a estimé qu’une réduction d’un demi-point « permettrait de se prémunir contre de nouvelles baisses de l’inflation attendue et contre un ralentissement de l’économie qui est soumise à d’importants risques baissiers ».  

M. Bullard soutient depuis longtemps que l’inflation est restée trop longtemps en deçà de la cible de 2 % de la Fed et que la Banque centrale américaine peut se permettre de faire davantage pour relancer l’économie.

Le Comité monétaire est apparu mercredi très divisé sur la décision, trois membres ayant voté contre, sept pour. C’est la plus forte opposition rencontrée par le président Jerome Powell depuis son arrivée à la tête de la Fed début 2018.  

M. Powell a relevé « deux sources d’incertitude : le ralentissement de la croissance à l’étranger et l’évolution de la politique commerciale ».

« Il est prudent, à mon avis, de réduire énergiquement le taux directeur maintenant et puis de l’augmenter si les risques de ralentissement ne se concrétisent pas », a indiqué M. Bullard.

Tandis que certains responsables de la Fed s’inquiètent davantage des pressions potentielles sur les prix, étant donné que l’économie américaine continue de croître à un rythme assez soutenu et de produire des taux de chômage historiquement bas, M. Bullard estime, lui, qu’« il y a peu d’indications qu’un faible taux de chômage pose un risque d’inflation important dans l’environnement actuel. »